lundi 17 octobre 2011

Lorsque les choses évoluent malgré soi

J'ai peur,

Je découvre un potentiel qui me terrifie. Deux ans que je touche des peaux d'êtres humains. Au début, je m'attachais aux gestes que j'avais appris, des gestes sans danger pour les articulations, qui avait chacun un sens particulier.
Puis avec l'expérience, petit à petit j'ai pris du recul vis à vis de la technique. Je me suis mis à écouter les dermes, les muscles, les corps. J'ai travaillé ma position, mon ancrage au sol, ma respiration, concentrée à n'être qu'un souffle ou plutôt qu'une enveloppe corporelle traversée par un souffle. Les mains sur l'autre, je ne m'appartiens plus, je deviens une sorte de prolongement de l'autre, l'intermédiaire entre lui et la terre....

Et des évènement étranges surviennent. Je "vois" des choses indicibles. Je sens un "invisible" baignant les corps que je touche, une couche d'atmosphère différente autour des corps.
Un client fidèle depuis longtemps se met à être en connexion télépathique avec moi. Il m'appelle lorsque je vais mal ou que je dois prendre une décision difficile. Il le "sent"....

Le fait de toucher de la façon que j'ai de toucher semble créer des liens "spéciaux"et rend réelles des choses qui ne sont pas sensées l'être.

Moi qui n'ai toujours présenté mon travail que sur le mode Bien-être (je m'en suis même fait un point d'honneur dans ce monde professionnel chargé de charlatants qui profitent de la naïveté de certaines personnes pour leur faire avaler de sacrées couleuvres!), réfutant toute action thérapeutique quelle qu'elle soit, je me mets à avoir des témoignages de clients contraires puisqu'ils me certifient que je "règle" quelque chose chez eux!

Du coup je fais une pause côté "toucher-relaxation".

Je me dis que je ne peux décidément rien faire normalement, comme tout le monde, il faut que j'en rajoute, que je me donne à fond, que je reçoive à fond et je me retrouve dans une situation qui me dépasse.

Je vais juste continuer d'animer mes groupes de parents en ateliers massage-bébés quoi que là aussi, ma capacité d'écoute s'affinant sans doute, je recueille plus souvent des témoignages chargés. Du coup, je me suis trouvée une personne spécialisée dans le coaching familial qui peut prendre le relais (ou déléguer elle-même auprès d'autres professionnels) en cas de nécessité.
Je peux assumer parce que cela reste dans le domaine du connu, du familier, non surnaturel....

Je suis désolée de vous imposer ce billet qui va surement en faire bondir plus d'un(e). Écoutez, vous n'aurez qu'à faire comme si vous ne l'aviez pas lu. Moi cela m'a fait juste du bien de poser des mots là-dessus.

vendredi 14 octobre 2011

La planète collège vue par une maman vieillissante

L'an dernier j'allais souvent chercher ma fille à la sortie de l'école primaire. Cela me donnait l'occasion de bavarder avec les copines du quartier, d'échanger des infos sur les maîtresses, les devoirs, les amitiés de nos enfants.
Aujourd'hui je suis allée chercher ma fille au collège.....

Première constatation: nous sommes deux mamans au milieu d'une vingtaine d'élèves de fin de collège. J'observe. Je constate que plusieurs d'entre eux ont des bonnets de laine sur la tête, ce qui ne les empeche pas d'avoir les fesses à l'air! Remarque il paraît qu'on attrape froid par les extrémités. Ceci explique peut-être cela. Les fesses ne faisant pas vraiment partie des extrémités (surtout quand elles sont rebondies comme celles de ce jeune homme dont je profite de mon oeil connaisseur). Un être asexué lui/elle à bonnet prend le risque de puissants courants d'air au niveau des jambes puisque les trous de son jean prennent plus de place que le tissu lui-même! Je constate une mixité des groupes lorsque les filles assument leur féminité et qu'elles en sont reconnaissables. A ceci près qu'elles crachent comme les garçons. L'une d'elle pose d'ailleurs son "sac à main" qui lui sert de cartable sur le crachat tout juste projeté par sa copine...
Que font ils?
La plupart s'insulte :
"Connard, tu m'abandonnes " crie une fille à un gars qui décolle ses fesses d'elle,
"Putain merde tu fais chier ! "hurle une autre à ce qui semble être sa meilleure amie,
"t'es folle tu vas pas te faire un piercing aux lèvres, t'es qu'une vraie conne si tu fais ça", lance une fille habillée d'un jogging informe et pull large à sa copine les cheveux teintés en noirs, plaqués avec art de côté sur son front, alors qu'une autre, piercing au sourcil, rentre dans l'échange pour affirmer : "si, si t'as raison c'est trop beau un piercing à cet endroit fais le c'est trop beau jte jure".
Un peu plus loin, deux bimbos, un portable diffusant un truc sensé être musical, trémoussent leurs derrières sous le nez des gars assis par terre. Les gars parlent peu. ils se lèvent, changent de groupe, bisent les filles, leur piquent leur bonnet (putain merde tu fais chier tu vas l'agrandir avec ta grosse tête, rends le moi ou jte défonce le crâne se défend la belle), fouillent dans leur sac à main, quémandent des clopes. Sur ma droite une fille fait l'horrifiée parce qu'elle vient d'apprendre qu'un mec sort avec Jasmine.
"Non? C'est pas vrai, tu déconnes!"
"Si si jte jure, d'ailleurs regarde, il est là bas avec elle en train de l'embrasser"
"Mais ce mec il est sorti avec toute la famille de Jasmine, comment elle fait, même moi il m'a bavé dessus, je suis dégoûtée d'ailleurs qu'il m'ait bavé dessus et puis qu'après il sorte avec cette naine!"
Je ne sais pas si c'est l'effet d'avoir toujours un portable ou du son collé aux oreilles mais je constate que le volume sonore des échanges atteint un degré de décibels hallucinant.
Alors que je suis en train de me dire avec un étonnement éléphantesque que j'ai été prof de ce type d'élèves il n'y a pas si longtemps, j'en déduis que ce devait être dans une autre vie. Je réalise que je préférerai mourir, poignardée là tout de suite et souffrir mille morts plutôt que de reprendre cet ancien boulot. Je ne ressens aucune affection pour ces jeunes autour de moi et ce constat me terrifie parce qu'il me renvoie une image de "vieille conne réac" que je critiquais autrefois, lorsque je les aimais tant ces jeunes que j'aurai donné ma chemise et toute mon énergie pour eux....
Puis ma fille sort, minuscule avec une copine toute aussi petite. Elle n'a pas de clope au bec, elle n'est pas en train de raconter qu'elle était "déchirée grave" hier, elle me sourit, apparemment contente de me voir là, complétement décalée, une ovni de maman sur la planète collège et j'ai une bouffée de bonheur et je me dis qu'il faut que j'en profite, profite à fond parce que cela ne durera sans doute pas cette innocence!
Alors je l'embrasse très fort et je lui demande : "ça va ma princesse?"
Elle me répond toute fière "ça y est, j'ai mon premier DM!"
Et oui, tu grandis quand même ma fille! pense-je un petit serrement au coeur.....

mardi 11 octobre 2011

Papotage devant un camion

Ce soir, je rentrai de mon activité adorée dont je vous parlerai surement une autre fois (j'aime bien entretenir le suspens comme ça....), tard, puisque la nuit avait déjà chuté dans les chaumières et ailleurs (quoi qu'avec la lune pleine demain il y a quand même une lumière qui troue le noir de la nuit mais bon bref je m'égare...), lorsqu'à deux pas de chez moi je passai devant un camion. Il y avait de la lumière, des gens qui papotaient devant et pour couronner la scène, cela fleurait bon, une sorte de parfum méditerranéen à emporter votre dernière réticence à vous arrêter (parce que quand même c'était l"heure du feuilleton quotidien ou peut-être enfin Adrianna va avouer à ses proches qu'elle n'a plus que un mois à vivre, constat qui en moi évoque certes de la tristesse mais aussi je dois bien l'avouer un certain soulagement puisque je préférai mille fois Luna à Adrianna!).

Me voilà donc stoppant ma voiture à proximité du dit camion ce qui ne manqua pas de soulever maints commentaires de la part des gens là assemblés.

Ici, bien que vous commencez surement à avoir marre des parenthèses, je suis obligée de marquer un temps d'arrêt dans cette palpitante histoire pour vous préciser que ma voiture ne ressemble à aucune autre. Si, si....Déjà le modèle est peu courant (heureusement d'ailleurs parce que c'est une vraie merde cette voiture), puis la couleur l'est encore moins, flashy comme vous ne pouvez l'imaginer et comme si tout cela n'était déjà pas suffisant, elle possède sur ses ailes arrières d'énormes stickers de fleurs de lotus. Sans parler de la publicité décrivant ma nouvelle activité sur mon pare brise et sur les portières arrières!

Alors forcément, si je m'arrête devant des gens, la plupart du temps, les commentaires fusent. Me voilà dons, pas dégonflée pour deux sous (après on ne s'étonnera pas du culot de ma fille décrit précédemment), en train de distribuer des cartes de visite. On ne sait jamais, j'en ai toujours sur moi. Là dessus, un monsieur me dit : "moi ce n'est pas la peine, je suis votre voisin". Je réfléchis à toute birzingue mais j'avoue que depuis un an tout juste que j'habite ce charmant village j'ai réussi à parler aux voisins de droite, aux voisins de gauche mais en face décalé d'une maison ce voisin là ne me dit rien.
"On s'est déjà vu donc?" tente -je à tout hasard
"En tout cas, moi je vous ai déjà vue, oui, je vous reconnais..."
C'est quand même incroyable qu'un camion garé dans un village me permette de percuter mes voisins! Comme quoi j'ai bien fait de m'arrêter pensai-je en mon for intérieur pendant que mon for extérieur sortait le porte-monnaie pour payer les pizzas francomtoise et olivier, toutes chaudes provenant du camion....

lundi 10 octobre 2011

conference

Aujourd'hui j'ai assisté à une conférence sur le thème de "l'accueil et la séparation" par Joël Clerget . J'y allais parce que mon nouveau métier m'entraîne à faire de l'accompagnement parental....
Accueillir un enfant dans notre corps par nos gestes, nos actes qui se donnent avec l'autre ET dans la parole en tant que petit enfant "humain" qui porte en lui la promesse de la parole.

Accueillir un enfant supposerait aussi être capable de se mettre "en place d'enfant" (ce qui est très différent de "se mettre à la place" de l'enfant) c'est à dire garder dans notre coeur la possibilité de se rappeler qu'on a été enfant avec une force, une puissance une vitalité d'enfant.


Entendre qu'il ne peut y avoir séparation s'il n'y a pas eu "lien" constitué, c'est à dire un lien vivant qui s'est ouvert à la relation (sans alienation), lien qui reconnaît une rencontre de deux individus distincts. Comprendre les paroles de Donald Wood Winicott lorsqu'il dit : "un bébé peut être seul quand il a acquis la possibilité de continuer d'exister en dehors de la présence de l'autre". Il a reçu assez de présence qui lui permet l'absence.Le langage psychanalitique est ardu et des choses m'ont échappé....

Ce genre de reflexion renvoie toujours à sa propre histoire, enfant et adulte.
Et je me pose la fatidique question : puis je, moi en tant qu'adulte, avoir la possibilité d'exister hors de la présence d'un autre?

Ce blog par exemple en tant qu'objet lu par d'autres n'a t il pas pour mission de me sentir exister?

jeudi 6 octobre 2011

Il parait que c'est la crise

Mardi dernier, j'ai annulé une activité. Il faisait beau et je n'avais pas vraiment d'excuse si ce n'est de me sentir exténuée et de me surprendre à écouter et respecter les signaux d'alerte que m'envoyaient tous mes gyrophares corporels. Je suis donc courageusement allée voir le prof de cette activité dont je parlerai peut-être une autre fois (pas du prof non, mais de l'activité) et les yeux dans les yeux, je lui ai dit :
"ce soir je ne viendrai pas".
Il a levé les sourcils, ébauché un sourire comme s'il voulait dire quelque chose puis s'est ravisé et très sérieusement, les yeux dans les yeux m'a répondu :
"d'accord".
Et je suis partie. C'est dingue comme les choses peuvent être simples parfois!
Alors sur le chemin du retour, j'ai écouté mon envie de m'arrêter dans un magasin de déco pour essayer de trouver un cadeau pour une personne ou deux nées en octobre. Intriguée par des palissades qui coupaient le magasin en deux, je me suis approchée et j'ai glissé un oeil entre deux bouts de bois pour découvrir avec STUPEFACTION toutes les décorations de Noêl rutilantes prêtes à s'exposer à nos yeux.

Le 4 octobre!!!! Noël à nos portes?

Que se passe t il?

Moins les gens ont de sous, plus on les incite à acheter avant l'heure!

On ne va quand même pas acheter nos guirlandes maintenant et nos oeufs de Pâques en décembre!

Ma fatigue a atteint soudain son seuil d'alerte....

Je suis allée me coucher.

mercredi 5 octobre 2011

Mais, maman, on me connaît!

Ma fille est incroyable!

Et ce n'est pas parce que c'est ma fille que je dis ça! ......Enfin si aussi, mais bon.....

L'autre jour, elle revient du collège en me disant: "maman il m'est arrivé un drôle de truc dans le bus aujourd'hui" . Je laisse instantanément les tâches en cours, afin de porter une oreille attentive à la suite, curieuse et inquiète à la fois sur ce drôle de truc.
"Un monsieur a voulu voir ma carte de bus".
" oui, c'est normal ma fille, c'est un controleur qui vérifie que les enfants ont bien leur carte de transport. Alors tu lui as montré et tu l'as bien rangée après?"
" .....Non, je n'ai pas pu lui montrer parce que je l'avais enlevée de mon cartable".
"Mais pourquoi?"
" Ben parce que le chauffeur de bus il me connaît maintenant, je n'ai plus besoin de l'avoir!"

Un autre jour, je reçois un coup de fil de la "vie scolaire" du collège de Mademoiselle mais comme je n'étais pas disponible, un message fut laissé sur mon répondeur.
"Bonjour, c'est la vie scolaire du collège machin, je vous appelle de la part de C pour vous informer qu'elle ne finira pas à midi mais à 15H aujourd'hui, contrairement à ce qu'elle vous avait annoncé."
la semaine précédente, ce même monsieur de la vie scolaire m'avait aussi laissé un message pour me dire que ma fille avait oublié les clés de son casier à la maison et que ce serait bien si je pouvais les lui rapporter!"

Quand j'explique à C que, quand même, la vie scolaire ne peut pas lui servir de secrétariat personnel et qu'ils ont d'autres chats à fouetter qu'elle, elle ne se démonte pas et me répond : "Mais ils me connaissent, maman, ils savent que je suis tête en l'air, cela ne les dérange pas du tout!"

Avec son année et demie d'avance, elle a une tête de moins que tous les autres sixièmes. Elle est arrivée en classe à horaire aménagé musique dans ce collège qui n'était pas son collège de secteur, dans une classe où elle ne connaissait absolument personne mais cela ne l'a pas empêchée, le premier matin de la rentrée, lorsque sa prof principale a demandé s'il y avait des volontaires pour être délégué de classe provisoire de lever la main et de se faire donc tout de suite remarquer.
"Comme ça, maman, tout le monde me connaît!"

Ben oui ma fille, ça, on peut dire que tu excelles dans l'art de te faire connaître!

dimanche 2 octobre 2011

errance bucolique

J'apprécie toujours le début automnal. Les jours sont encore chauds et ensoleillés, ce qui nous permet de profiter encore de nos tenues estivales mais les petits matins sont frais, voire brumeux dans notre région et l'humidité se fait sentir dès la fin d'après midi. Les bois exhalent leur parfum d'humus cher à mes narines, et on calcule le moment pour flâner sur les sentiers forestiers sans danger de frôler une balle de chevrotine puisque la chasse a repris....
On se surprend à rêver d'une bonne flambée de cheminée sauf qu'on en a pas alors on pense "dommage" puis on ramasse un joli gland de chêne et on y pense plus.
Le chien court devant nous et on admire son pelage roux si harmonieusement assorti aux feuilles d'octobre. Puis on rentre, et on reste le regard vague devant une tasse de thé fumant, pendant que les enfants entreprennent de réaliser un gâteau.
C'est la douce torpeur d'un dimanche automnal tranquille, comme je ne les vivais pas lorsque j'étais enfant des villes.

jeudi 29 septembre 2011

memories

Parce que je ne peux m'empêcher de le faire même si je ne "devrai" pas, je compare la réaction de cet homme quitté avec celle des autres hommes (bon il n'y en a pas 36 non plus...) dans une situation semblable.
Celle de Marti par exemple, mon homme emporté par la faucheuse implacable.
Oui, après six mois de relation suivie et des grandes vacances passées ensemble, j'avais rompu. Il me semblait que mes responsabilités de mère de trois enfants seraient toujours à des millions d'années lumière de son côté adolescent, libre et indépendant. Bref.
Nous étions mi aout lorsque nous avons eu cette grande conversation qui aboutissait à un stop que je pensais être définitif. Cependant, Marti a conclu en m'affirmant que je pourrai toujours compter sur lui. Il avait vite calculé que nous étions sensés rentrer ensemble de l'aéroport de Lyon et que puisqu'il rentrait plus tôt, il n'y aurait pas de voiture pour moi et les enfants. Il m' a donc dit que si je ne trouvais pas d'autres solutions, cela ne le dérangeait pas du tout d'aller nous chercher.
Et c'est ce qu'il a fait.

Il était à l'arrivée de l'avion, en jean, chemisette, rasé de près. Il a pris ma valise, m'a ouvert la portière de sa belle toyota supra, lavée pour l'occasion.
Dans la voiture, nous n'avons pas trop parlé. Dans ma tête un monologue intérieur me sommait de reconnaître que je pouvais compter sur cet homme même après l'avoir quitté et qu'on ne pouvait pas en dire autant des 99% des autres mecs sur cette terre!

Voilà. A l'arrivée je ne me souviens plus si nous avons bu un café ou un rafraichissement ensemble mais il m"a demandé s'il pouvait m'appeler de temps en temps pour "prendre des nouvelles".
Comme je ne m'y étais pas opposée, c'est ce qu'il a fait, il a "pris des nouvelles" une fois par semaine. Un week end, un de ses coups de fil m'a surpris en forêt. J'étais avec une amie, en train de chercher des champignons, ce devait être autour du 15 septembre. Je lui ai demandé ce que disaient ses copains de notre séparation.
"Un ou deux semblaient plutôt soulagés (même s'il n'a jamais voulu rapporter leur nom je sais bien qui c'est...) mais la plupart sont déçus parce qu'ils pensaient que cela se terminerait par un mariage"
..............................................

Un mariage ? ai je crié dans la forêt et ce cri de surprise est allé se percuter contre les troncs des grands chênes qui me cernaient. J'étais dans un état de surprise incommensurable.

1 Parce qu'on puisse parler mariage au bout de six mois me semblait quand même hyper prématuré (maintenant avec ce qui m'est arrivée récemment, je me dis que quelque chose en moi doit inspirer ça, les demandes en mariages qui battent des records de vitesse!)

2 Parce que l'idée que tous ces motards machos et célibataires pour la plupart aient ce mot en bouche me paraissait surréaliste !

3 Parce que le fait qu'il me le répète sous entendait qu'il l'avait lui même envisagé, ce qui me clouait sur place au milieu des champignons....

Ce jour là, j'étais rentrée mon panier vide mais la tête pleine de doutes et de questions en suspens.

Fin septembre il m'a rappelée pour me demander s'il pouvait venir le jour de l'anniversaire de mon troisième parce qu'il avait un cadeau pour lui.

Voilà Marti, il m'emmenait de surprises en surprises.

Le jour j, il a sonné. Je lui ai ouvert. Je me suis trouvée face à un énorme carton et submergée par le parfum allure de Channel qui me rendait dingue. Je me suis retenue de lui sauter dans les bras.
Derrière le carton, il était en jean, gros ceinturon et tee shirt blanc, sexy, viril comme j'aimais.

Il a posé le carton au sol de la grande salle et mon gamin sautait de joie autour et trépignait d'impatience de l'ouvrir. Cela lui a pris du temps, dans chaque carton il y avait un "faux cadeau", un truc drôle et un autre carton à ouvrir. Au final, je ne me souviens plus quel avait été le "vrai cadeau" à l'intérieur du dernier carton, sans doute un Gi jo un bonhomme en plastique guerrier que le fiston adorait. Mais ce dont je me souviens, c'est que cela avait été un super moment.

En repartant, il m'a remis une lettre "à lire plus tard, tranquillement" . C'était une très belle et longue lettre d'amour qui a fait voler en éclat mes dernières appréhensions. Le mois qui suivit, on s'installait ensemble. A Pâques, nous partions en amoureux en Italie où nous avons conçu notre petite princesse et en août, soit un an pile après notre rupture, nous nous sommes mariés.

Ca, c'était de l'amour. Une reconquête en bonne et due forme. Un homme qui n'a pas baissé les bras, qui a tenté l'impossible parce que dans sa tête il ne doutait pas une seconde de notre histoire!

Alors je vais rester sur ces souvenirs là parce qu'ils font du bien.

mercredi 28 septembre 2011

L'épreuve de la cohabitation

Dans les épreuves, la famille est un mot qui prend tout son sens.
Bertrand (bon, il ne s'appelle pas comme ça mais je ne vais pas donner son vrai nom, ok) par exemple doit surement aller beaucoup dans la sienne (qui est géographiquement assez proche) puisqu'il rapporte régulièrement des tupperwares de petits plats cuisinés pour lui. Ce que je ne peux pas vraiment faire compte tenu des 500kms qui me sépare de la mienne (puis de toutes façons maman n'aime pas trop cuisiner!).

Oui, nous mangeons séparément, chacun son frigo, chacun son étagère alimentaire, voire chacun sa table (heureusement que la maison est suffisamment grande pour cela). Monsieur s'est même racheté une cafetière électrique, un lave linge et surtout des couverts parce que j'avais beau en avoir trois tiroirs de couteaux, fourchettes et cuillères, vous comprenez que le simple fait qu'ils soient à moi les rendaient inutilisables à Bertrand. On ne partage que les poêles, casseroles et l'évier.

La cohabitation est donc étrange. Il rentre le soir, passe à côté de nous en chantonnant ou sifflant (cette bonne humeur affichée nous fait sourire, c'est déjà ça) ou tout simplement muet, le matin idem, sans aucun bonjour il prépare son petit déjeuner. J'ai bien essayé de dire qu'échanger deux trois politesses ne serait pas contraire à la gestion de notre séparation mais je me suis fait traiter de donneuse de leçons....

Alors moi non plus, je ne lui dis plus bonjour, ni au revoir,
ni merde d'ailleurs, bien que l'envie me démange....

Rapprochement familial. Je réalise qu'on ne peut même pas dire que nous étions une "famille recomposée". Si c'était le cas les relations entre mes enfants et lui ne seraient pas réduites à néant, n'est ce pas? On a rien recomposé du tout, ce n'était qu'une petite couche superficielle de je ne sais quoi....

Mes enfants sont encore plus proches entre eux qu'avant. On se serre les coudes. On garde ensemble la tête haute. J'écris tout cela parce que c'est une façon d'extérioriser ma culpabilité de leur avoir fait subir cet espoir de "recomposition" et de me sentir impuissante à les protéger aujourd'hui de cette ambiance destructrice. Je m'en veux même si cela ne sert pas à grand chose de l'écrire et de me le répéter en boucle dans ma tête.

Qu'enregistrent ils dans leur tête d'enfant et d'adolescents sur ce que sont les relations humaines, sur ce qu'on croit être de l'amour, sur quelles certitudes construiront ils leur histoire future?
J'ai participé à ce manque de confiance qui les habitera désormais et c'est la première fois de ma vie que je ne me trouve pas de raison de ne pas regretter le passé : la rencontre, le mariage, la vie en commun, tout ça ce serait à refaire eh bien....JE NE LE RE FERAI PAS!

Désolée de ne pas arriver à me montrer plus positive....

les nouveaux bébés

Les enfants sont hyper actifs?
ILs ont du mal à concentrer leur attention plus de cinq minutes?
Ce phénomène m'intrigue....
L'autre jour, je discutais avec une maman d'une petite fille agée de trois mois. Nous parlions du déroulement de la journée. Cette maman se sentait débordée par ce premier bébé, ne supportait pas de l'entendre pleurer que dis je même pas pleurer juste émettre un petit chougnement. Au moindre signe, elle le mettais au sein. Je l'écoutais me raconter tout ça. Puis je lui ai demandé comment elle faisait pour avoir le temps de prendre un peu soin d'elle, la douche, la cuisine....Alors avec n grand sourire elle m'a confié qu'elle avait trouvé un truc génial qui plaisiat beaucoup à sa fille et lui permettait à elle de souffler régulièrement dans la journée.
Ce truc génial c'est......LES CLIPS DE M6!!!!
Peur d'avoir mal compris, je lui ai fait répéter:
"Vous voulez dire que vous mettez votre bébé dans un transat devant les clips de M6?"
"Oui, oui, elle adore!"
..................................
Alors je me demande aujourd'hui combien de mamans (ou de nounous) utilisent cette solution et si par hasard....Il n'y aurait pas un rapport entre la difficulté de concentration de cette génération et les bébés nourris encéphaliquement aux images trombinoscopes des clips!

Allez savoir!

Dans le genre plus grave je vous invite à lire cet article d'uun blogueur que je suis assiduement:
http://queerasfist.com/post/2011/08/08/Bebe-Orangina

mardi 27 septembre 2011

Bien commencer sa journée

Alors on danse?
Alors on chante?
C'est ce que je fais tous les matins sur ce tube

lundi 26 septembre 2011

ma première soirée en célibataire

Je suis arrivée en retard, volontairement bien sûr.


La stratégie basée sur l’idée qu’après deux ou trois verres, les gens me poseraient moins de questionS ….J’étais vêtue d’un pantalon épais à coupe large, couleur terre rappelant un style tibétain et d’un tee shirt échancré plutôt kaki avec un gilet argentin. En guise de sac à main je portais juste une petite pochette cuir coloré à majorité d’ocres à fermeture éclair et bandoulière tressée. Je me sentais bien dans cette tenue non apprêtée confortable au style terrien et ouvert sur le monde, heureuse de ne pas me sentir obligée d’enfiler un truc sexy pour mon mec ou dans un objectif de plaire.

Je savais qu’il y aurait de tout, point de vue vestimentaire compte tenu de l’hétérogénéité des invités. En arrivant je ne fus pas détrompée. Cela passait du short sandale au pantalon à coupe chemise pour les gars et robes légères, jean ou toiles moulants pour la gente féminine. A mon soulagement, mon style personnel ne se retrouvait pas dans les tenues de cette soirée. Nos hôtes, Fanny et Jérémy, qui fêtaient leur cinq années de mariage après vingt ans de vie commune resplendissaient de bonheur, comme d’habitude. Un très beau couple, physiquement, mentalement et par l’aura positive qu’ils dégageaient. C’était toujours un grand plaisir de venir chez eux !

J’ai embrassé les différents convives (tous en couple !) en veillant à garder affiché mon sourire sur les lèvres et un enthousiasme sans faille pour dire que tout allait parfaitement bien dans le meilleur des mondes pour moi en ce moment. J’ai continué mon tour de bisous avant qu’ils n’aient le temps de s’étonner de l’absence de Bertrand.


J’ai constaté d’un rapide coup d’œil vers les tables que nous étions placés, ce qui m’évitait de me demander pendant encore une heure ou deux qui il serait le plus judicieux de choisir comme voisins !

Alors que nous nous apprêtions à passer un table un couple de connaissance est passé près de moi et a fait la réflexion fatidique … « Je n’ai pas encore vu Bertrand, il est là ? »

« Non, vous ne le verrez pas ce soir ni d’autres soirs d’ailleurs puisque je le quitte » « Merde » s’est elle exclamée, l’air catastrophée, sans que je sache si cela était par compassion pour moi ou par peur d’une célibataire à la même soirée que son mari. De toute façon je pense que tout le monde ici savait ce qu’il en était de ma situation et qu’ils jouaient le jeu de ceux qui ne se doutaient de rien à la perfection.

Nous nous sommes tous assis sagement à nos places. Je me retrouvais en bout de table. Sentant le regard d’une convive que je ne connaissais pas placée non loin de moi, je répondis à ce que je pensais être sa question muette par un « Ils m’ont placée là parce que je suis la plus vieille », ce à quoi tac au tac cette délicieuse jeunette blonde m’a répondu avec un sourire sadique:
« non c’est parce que t’es seule et qu’ils ne savaient pas où te foutre ! »

Charmante cette jeune personne !

Mais elle avait raison la blonde. Au bout, tout au bout de la longue longue table se trouvait Caroline l’éternelle célibataire du groupe, plus toute jeunette non plus alors que chaque couple se faisait face de chaque côté de la table.

Je décidais d’assumer !

La vieille célibataire que j’étais allait leur montrer qu’elle avait encore du jus dans les veines. Le buffet froid tardait à se mettre en place. Il faut dire que nos hôtes découvraient leurs cadeaux, une smartbox relais et château de 3 jours, 2 nuits et des soins du corps pour le couple en amoureux dans un institut réputé sur Chalon. Heureux comme tout, ils avaient décidé d’embrasser chacun de leur invité à tour de rôle. Une fois bisés, les fumeurs s’étaient relevés pour sortir s’enfourner leur petite dose régulière de goudrons et de nicotine et l’animateur attitré de la soirée en a profité pour remettre des slows de derrière les fagots.

Mon voisin de gauche s’était levé pour chanter à tue-tête les paroles de l’été indien au milieu de la salle et sa femme ma voisine de droite, déjà complètement ivre, palpait les morceaux de pain placés dans un grand sac en papier en clamant qu’elle aimait rien tant que « tâter les boules » avant d’en distribuer une dans chacune des assiettes. Mue par une inspiration soudaine, je me suis levée, ai foncé sur ma copine Patricia qui avait l’air de s’ennuyer ferme et je l’ai invitée à danser ce vieux slow des familles. Sur la piste je l’enlaçais collée en lui mettant une main aux fesses, après lui avoir demandé préalablement si cela ne la dérangeait pas. Les photographes ont immortalisé la scène, le mec de mon amie n’a pas crié au scandale et la petite blondasse ne m’a plus fait de réflexion jusqu’à la fin de la soirée, c'était toujours ça de gagné!

J'ai papoté avec les uns et les autres, sensation d'être vivante, impression d'être "normale". J'ai dansé, expression de mon corps débordant d'énergie à moins que cela ne soit autre chose. Un homme marié m'a invité à danser un rock, moment qui m'a replongée vingt ans en arrière du temps ou on dansait le rock systématiquement en couple dans les soirée et c'était bien!


J'ai bu mais pas trop. Juste ce qui faut pour être "dans le coup"

Soirée délicieuse et qui m’a permis de mettre tout le monde officiellement au parfum de ma nouvelle situation familiale et d'oublier momentanément le quotidien difficile du moment, mes amis merci!

dimanche 25 septembre 2011

Ce n'était pas de l'amour

Ce n'était pas de l'amour,

Non, c'était une relation à bénéfices réciproques.
Non, ce n'était pas de l'amour!
Qu'il ne vienne pas me dire le contraire.
L'amour je crois que je sais ce que c'est.
Enfin j'ai su....
Maintenant que notre relation est devenue un cloaque quotidien,
J'ai un haut le coeur permanent pour les relations homme/femme.
On croit avoir rencontré un docteur Jekill et on découvre petit à petit un mister hyde....
Puis on ne voit plus que le mister Hyde.....
Alors on se bénit dix fois chaque matin pour avoir pris la bonne décision!
On se recentre sur l'essentiel.
On se surprend à sourire de cette paix intérieure retrouvée.

On regarde cet étranger avec étonnement. Que lui avais je trouvé? Qu'est ce qu'une relation qui ne dépasse pas l'année? Ca s'appelle comment? Une erreur?

Je suis fière de ne pas me laisser attacher, lier par ce qui ne convient pas.
Je suis libre. (Bizarre en y repensant le poème que ma marraine visionnaire m'avait dédié le jour de ce mariage...)
Je préfère la lutte, la difficulté, l'échec aux compromissions destructrices.

Certaines me disent : "Comment fais tu?" "Où trouves tu l'energie? vingt fois sur le métier de remettre l'ouvrage, où puises tu cette sorte de foi?"

L'amour de la Vie, peut-être.... Avec ses surprises, ses rebondissements, ce qu'elle nous apprend sur nous même et sur les autres. Pas de retour en arrière. J'avance avec confiance sur ce nouveau chemin et je verrai bien.....
Je ne dis pas que c'est facile,
encore moins confortable.
C'est peut-être une sorte de folie.....

Une rencontre

J'avais un rendez-vous massage à 14h.
Je l'ai vue arriver sur un scooter.
Elle s'est trouvée devant moi, le sourire aux lèvres et quelque chose s'est passé sans que je puisse l'expliquer. Durant l'entretien qui précède chaque massage, elle m'apprend qu'elle est sous traitement de substitution à l'héroîne. Je lance "métadone?" et je sens sa surprise. Oui c'est cela, me dit elle. Elle ne peut pas savoir qu'au même âge qu'elle, j'ai vécu plusieurs mois avec une toxico et que ma vie se résumait alors à la surveiller sans cesse et courir les pharmacie pour me procurer cette précieuse métadone!
Je ne lui pose pas la question du Sida. Je suis bien placée pour savoir que même si elle l'a (ma co locataire l'avait), je ne risque aucunement de l'attraper en la massant. Elle me dit ses problèmes de santé liés au reste. Puis je m'applique à lui faire du bien, pendant une heure.
Arrivée à son poignet gauche, mon regard est scotché par un petit bracelet en macramé....
Dans mon esprit s'impose une évidence : elle connaît surement mon grand, celui qui vadrouille en Argentine. J'essaie de chasser cette pensée. Je me concentre sur mes gestes.
A la fin, elle me dit merci.
Nous nous retrouvons assise l'une en face de l'autre et je me permets de lui demander son année de naissance. Deux ans de plus... Je continue quand même : " connaissez vous "t" et "c"? Elle ouvre des yeux comme des soucoupes! Oui souffle t elle tout bas.
Je suis la mère de "G"
"Celui qui est en Argentine?"
"Oui"
Alors elle devient bavarde, me parle des uns, des autres, me raconte que c'était le bon temps, ces moments où elle partait sur les routes avec ses chiens, libre si libre....
Puis elle se rembrunit et reconnait que non, elle n'était pas si libre puisqu'elle était dépendante. Elle dit qu'elle aurait aimé pouvoir être comme ces jeunes qui frôlent les substances sans jamais tomber dedans....
Elle me parle de sa mère, de son combat pour l'aider elle, et en un éclair je vois ce à quoi j'ai échappé!
C'était une rencontre improbable comme il y en a parfois. Elles me rappellent que oui la vie est encore souvent une lutte pour nous autres humains!

jeudi 25 août 2011

ETRE MERE

Avec mes quatre loustics, j'ai eu maintes fois l'occasion de réfléchir à ce qu'être mère implique d'amour, de peurs et de sacrifices, mais on continue d'apprendre tout au long de la vie de nos enfants. Cet été 2011, j'ai découvert une autre facette de cet incroyable état de mère

car

Je suis revenue d’Argentine. Durant trois semaines j’ai suivi mon aîné sur les pistes caillouteuses, les chemins de randonnées, les comédores et les auberges de jeunesse, moi qui ne le suis plus vraiment.

Je l’ai regardé vivre, papoter avec des gens dans cette langue que je ne maîtrise pas, jouer de la guitare, mâcher des feuilles de coca, faire du macramé, vendre son macramé au détour des rencontres, traire des chèvres, faire la cuisine, fumer tous les jours sa dernière clope, caresser les cheveux de sa Gigi, nous parler de ce pays qu’il aime tant, de sa musique, de ses coutumes. J’ai l’impression que le regarder a été ma principale occupation durant ces trois semaines.

Lui.

Lui en Argentine.

Accessoirement L’Argentine.

Je l’ai écouté sans broncher m’expliquer pourquoi il n’aurait pas de téléphone portable, pourquoi il n’aimait pas les mails. Je l’ai écouté me dire qu’il ne pouvait pas être et ailleurs. Je l’ai écouté me demander de le comprendre et de l’accepter.

« Mais si je meure, quelqu’un t’écrira un mail que tu liras peut-être des semaines après que j’ai été enterrée ! »

« Je sais, c’est comme ça »

L’amour d’une mère peut donc aller jusque-là ! Accepter que son fils aîné vive au bout du monde sans aucun moyen de le contacter rapidement, qu’il ne donne des nouvelles qu’une fois de temps en temps par le biais d’un mail très court, se résumant généralement à l’essentiel : tout va bien, je suis heureux. Accepter de partir sans savoir si on va le revoir et si oui, quand ?

Oui, tiens.....Être mère c'est AUSSI cela.......

vendredi 15 juillet 2011

Quand la faucheuse fauche ceux qu'elle devrait pas, merde!

Voilà.
Elle a encore frappé un jeune de 21 ans. Ce fameux soir de tempête ou ici, les mobiliers de jardin volaient contre les volets, heureusement fermés....
Il rentrait chez lui. Oh il était presque arrivé!
Il devait reprendre le boulot le lendemain.
Il est resté dans le fossé, la tête de travers...A cause des tonneaux.... A cause de la ceinture détachée aussi sans doute....
Il était seul dans sa voiture.
Ce qui fait qu'on manque de détail.
Ce jeune, ça fait des années que je le connais.
C'est un ami de mon fils. Celui qui a le même âge.
Celui à qui c'aurait pu arriver.
Jérémy, c'est son nom.
Il venait parfois à la maison.
mais il partageait surtout un grand nombre de soirées festives extérieures avec mon fils.
Alors forcément le fiston est revenu de vacances.
Alors forcément le fiston c'est un zombi.
Il oublie de manger, de dormir....
Il pleure toute la journée.
Il pleure sur l'injustice de cette satanée vie.
Cette mort lui en rappelle surement une autre.
Toutes les douleurs se ressemblent, se rejoignent, se réactivent l'une, l'autre.
Du coup, pour moi aussi c'est dur, forcément....

Les jeunes se regroupent.
Ils restent collés les uns aux autres toute la journée, comme pour dresser un mur de leurs corps serrés. Un mur contre la souffrance. Un mur contre l'injustice. Contre l'indicible.
Ils postent des tas d'émotions sur facebook avec plein de photos de leur ami disparu.
Du coup même les jeunes qui ne connaissaient pas Jérémy, se mettent à le connaître et à le pleurer aussi. Ils sont plus "exposés" nos jeunes. La douleur se répand comme une traînée de poudre.
Les parents reçoivent de témoignages de soutien d'une foule de jeunes, dont ils ne soupçonnaient même pas l'existence!
Remarque ça, ça doit être réconfortant. Sentir l'empathie des gens, c'est ce dont j'avais le plus besoin, moi lors de mon deuil à moi.
Les parents de Jérémy aussi semble t il puisqu'ils ont fait passer le message qu'ils avaient besoin de voir les amis de Jérémy chez eux.
Alors ils y vont.
Collés en un essaim solidaire.

La cérémonie et l'enterrement c'est demain. Je déteste ça mais j'irai. Parce que je me souviens que j'avais eu besoin de sentir une grande foule pour le dernier au revoir à mon mari parti.
Même si je ne me souviens pas de grand chose, même si c'est un truc qu'on m' a peut être dit par la suite : "tu sais l'église était pleine à craquer! il y avait plein de gens dehors et tout ça dans un silence...Surréaliste" Oui c'est le genre de paroles dont je me souviens. Avec l'idée qu'elles engrainaient dans mon cerveau : "tout le monde l'aimait et ils étaient tous venus lui dire adieu et nous soutenir..."

Alors j'irai.
Puis je me ferai abeille pour me coller un peu à l'essaim de jeunes...Comme ça, ça sera moins dur!

lundi 11 juillet 2011

Rejoindre mon fils

Il est parti (voir le billet du 1er novembre).
Et maintenant nous sommes cinq à le rejoindre...
Je suis prête. Mon sac à dos est bouclé. Celui de mes deux enfants aussi.
A part mon gratouillage compulsif du dessus de mon pied, signe d'un grand stress, on peut dire que tout est normal. Je travaille l'idée du lâché prise. Tout un programme pour l'obsessionnelle de l'organisation que je suis.
J'aborde ce voyage à la fois comme une épreuve et un grand moment de joie et de partage.
Un peu comme un chemin de compostelle version Argentine...
Je vais à la rencontre de ce fils qui m'a fui.
Je sais qu'il est nécessaire que je me déleste d'un certains nombre de choses qu'il n'aime pas . J'essaye d'aller vers lui, la plus ....neutre possible...Sans savoir si je vais y arrriver.
Je vais à la rencontre de mon intimité profonde enfouie sous les couches de ma superficialité...
Reconnaissons que je ne sais pas où je vais en fait, dans tous les sens du terme. Je sais juste que je vais.
Je suis déjà sur le chemin....

C''est un voyage pas comme les autres
Nous rejoignons celui qui est parti
L'aîné des enfants.
Il a ouvert la voie.
Nous n'avons plus qu' à emboîter ses pas,
Ouvrir les yeux, le nez, les oreilles,
Goûter une autre vie
avec confiance.....

vendredi 1 avril 2011

écrire?


Je pratique un nouveau métier.
Bientôt deux ans que je ne suis plus "prof". J'ai certains anciens élèves comme "client" , bien que j'exècre ce mot mais c'est celui qui convient le mieux à la situation semble t il.
C'est une activité étrange pour une lutteuse puisqu'il consiste (si l'on résume) à communiquer aux gens qu'il sont "aimables" grâce à mes mains....Les gens viennent à moi. Ils téléphonent, ils prennent rendez-vous. Parce qu'ils ont entendu parler de mes mains, ou parce qu'ils essaient systématiquement toutes les professionnelles de ce type.
Ils se trouvent des raisons d'être venus là : ils ont des tensions musculaires, en ont plein le dos, ont besoin de lâcher prise, faire le plein d'énergie.....etc...
Moi je sais que tous ces mots, toutes ces raisons sont de fausses excuses. En fait ces gens sont comme moi, toi, vous, comme tout le monde quoi! Ils ont besoin de mettre leur corps entre des mains qui vont leur prouver qu'ils ont de la valeur. Ils viennent "être aimés" en quelque sorte....Et mes mains se mettent en mouvement comme déconnectées de mon cerveau, comme si elles avaient une vie propre, qu'elles communiquaient leur propre langage, elles vont écouter ces corps, entendre leurs cris muets et y répondre dans une alchimie magique!
A la fin lorsque doucement, tout doucement, elles lâchent le contact et qu'elles viennent se poser dociles, sur mes genoux, je les regarde comme des étrangères mais elles ne bougent plus, se rendent soumises pour que mon cerveau les apprivoise de nouveau. Pendant une heure, elles m'ont échappée, ont vécu leur propre vie mais là, elles me reviennent à moi seule. Je me sens épuisée, vidée, comme si elles m'avaient volé ma vitalité, l'essence même de ma vie, l'espace d'une heure.
Le corps de l'autre côté, lui aussi reprend sa vie, remet la juste distance entre la propriétaire des mains et sa/son (souvent son il faut bien le dire...) propriétaire venu là s'abandonner à ces mains.
C'est étrange. C'est comme si chacun reprenait ce qui lui appartient, s'excusant presque, l'un de s'être laissé aller à ces mains là, l'autre d'avoir laissé ces mains glisser impunément sur ce corps étranger.
Bien sûr, au cas où ce texte serait ambigu, aucune connotation érotique ou pire sexuelle, dans ces mots là. Nous parlons presque "d'amour" même si ce mot semble incongru.
Je suis praticienne de Bien-être. Mon objectif est de faire du bien à des corps malmenés, à des âmes en souffrance, sachant que c'est le cas de 100% des êtres humains. Faire du bien par un langage non verbal. Faire du bien avec mes mains. Parce que tout le monde en a besoin.

Parce que ce métier me plaît!

lundi 1 novembre 2010

Nouveau départ pour certains

Il est reparti, le sourire aux lèvres, sa veste en velours cotelé beige sur le dos et sa grosse écharpe en laine trois fois enroulée autour de son long cou. Il est reparti parce que ses trop nombreux rêves ne tenaient plus dans sa tête alors il fallait bien les vivre!

Il est parti pour quelques mois en Amérique du sud ce fils aventurier et libre qui sait si bien repérer les chaînes à l'avance afin de ne pas se prendre les pieds dedans!

Moi, je reste là. Mes rêves ne prennent pas beaucoup de place sous mon crâne, c'est peut-être pour cela que je reste en place...
Comme les autres membres de la famille, j'ai de la chance. Le voyageur, dans sa grande générosité, nous a signé une procuration sur son compte onirique. Grâce à la magie de la toile, nous suivons son périple, suspendus à ses mots, ses émotions.
Le téléphone sonne:
"tu as eu des nouvelles de G? "
-Oui je viens d'en recevoir, il est à A....Je te transmets son mail.
Et voilà, tout le monde est un peu parti avec lui...

Publication de ses quelques mots griffonnés avant son départ:
"Plus de travail, plus de maison, plus de voiture, plus de carte bleue.J’aime ce dénuement total,Ce vide de vie enivrant.Là où certains y voient un échec social, je savoure aujourd’hui pleinement ma liberté retrouvée.Vive la jeunesse et son insouciance !Cela ne durera pas. Il est d’autant plus plaisant de profiter de cet état des choses et des situations éphémères.Je commence aujourd’hui ce voyage qui n’a pour but que de revenir à mon point de départ plus grand que je ne suis parti."

dimanche 26 septembre 2010

L'Indécision a une fin!

Trois mois que j'en dors plus correctement (je n'écris pas " j'en dors plus" parce que je suis une grosse dormeuse et il est vraiment très très rare que je ne dorme pas!) : que faire de cette maison?
La maison de Lui et moi, celle que nous avons choisie ensemble, qui regorge de tant de souvenirs. L'idée qu'elle soit investie par des étrangers m'est difficilement supportable. Cependant, à chaque fois que j'y vais, je me sens tellement mal....L'étrange sensation qu'elle me rejette, que tout me murmure : va t en, tu n'as plus rien à faire ici, tourne définitivement la page.
La louer?
C'est m'exposer à continuer de m'en occuper...Ce qui est au dessus de mes forces. Je ne supporte plus de ne plus la voir et ne supporte plus de la voir, quel dilemne! Cent fois j'ai changé d'avis en trois mois. Mais ça y est je me suis enfin décidée : je la vends. Pour ça, je la fais belle. Quelle drôle de situation de dépenser de l'argent et de l'énergie à embellir une maison que l'on vends! Refaire faire le jardin qui était à l'abandon depuis trois ans, changer quelques papiers peint, redonner une seconde vie au barbecue. Je déteste ce qui va suivre. Les visites....Les commentaires....Les négociations de marchand de tapis pour un lieu où tu as été si heureuse! J'aimerai ne pas connaître les futurs occupants, envoyer un émissaire traiter avec eux et signer à ma place chez le notaire.
Mais peut être que personne ne la voudra....Peut-être qu'elle restera là, seule, dressée comme un mausolé impénétrable, renfermant ses secrets jusqu'à sa ruine inéluctable, et moi impuissante je la regarderai sans plus vouloir la voir jusqu'à la fin....

samedi 21 août 2010

Signal d'alarme filial

En cette période estivale, les aînés partent sans maman, normal.... C ne se sépare jamais de son portable, ce qui est très rassurant pour ses proches et en particulier MOI puisque je sais que je PEUX le joindre (même si je me retiens de le faire compte tenu de mon fort désir de voir mes poussins indépendants du joug affectif maternel rapport à mon propre vécu dont je ne parlerai pas...). Mais l'aîné, beatnik sur les bords (en rejet de la société organisée et corrompue et contrel'esclavagisme du aux valeurs traditionnelles liées au matérialisme, l'hypocrisie, l'uniformité, la superficialité) a comme par hasard perdu son téléphone portable (une nième fois bien sûr...) la veille de son départ! "De toutes façons maman, va falloir t'habituer" "Oui mais si je dois te joindre de toute urgence?" (sous entendu : cause déces d'un proche, ce n'est pas que j'y pense de façon obsessionnelle mais bon...)" "eh bien tu m'enverras un mail!" J'étais restée sans voix et ce mutisme m'avais juste empêchée de lui demander l'adresse de ce dit mail inconnu...
Bref 3 semaines au portugal sans cordon ombilical d'aucune sorte....
Bizarrement j'ai réussi à ne pas y penser du tout. Je veux dire que bon, je pensais à lui, mais sans aucune angoisse particulière. Lorsque des gens bien intentionnés me demandaient des nouvelles, je répondais de façon très zen que "pas de nouvelle, donc bonnes nouvelles, tout devait aller très bien dans le meilleur du monde".
Mais le 19 août fin daprès midi je ressentis un besoin urgent, primitif et violent de l'entendre. Une sorte de signal d'alarme filial super fort! Nous étions pourtant en train de déménager le reste des affaires toujours en plan dans notre ancienne maison et franchement ce n'était pas le moment de tout laisser tomber pour chercher à trouver des numéros de portable de copains du fiston pour savoir s'ils avaient eu des nouvelles, EUX. c'est pourtant ce que j'ai fait. Après un temps de recherche important infructueux, je dus me résoudre à attendre. Mais ce fut une nuit d'insomnie et le lendemain j'en ai parlé en boucle: "je suis angoissée, je veux vraiment le joindre, comment je peux faire etc...."
Le soir même mon téléphone sonne et c'est LUI. Une voix normale. Appemment tout va bien. Il m'annonce qu'il rentre demain (aujourd'hui donc) et que ok il dînera avec nous.

Ce soir, il avoue que le 19 après midi a commencé une grosse galère pour lui, qu'il a vraiment flippé et qu'il a pensé à moi, du genre "si elle savait ce que je vis là tout de suite elle serait vraiment super angoissée".
Eh bien je l'ETAIS!!!!
Bizarre hein?

mardi 10 août 2010

La vie est un cadeau

La vie est un cadeau
Mon deuxième, le jour de ses 21 ans, torse nu, sous une pluie torrentielle en face de ses 24 amis abrités par un auvent clâme cette phrase que j'ai moi même tellement prononcée!
Chaleur au coeur. Sensation qu'une de de mes idées essentielles s'est transmise à la génération suivante...

Oui, la vie est un cadeau. Certains le refusent tout net au nom de je ne sais quel masochisme, ou le mettent de côté, pour l'ouvrir "plus tard"sous pretexte qu'il ne sont pas prêts. Il est vrai que la vie quittent certains cadeaux irremplaçables. Mais elle place aussi sur notre chemin d'autres cadeaux qui ne demandent qu'à s'offrir et qui nous rendent heureux! Chacun d'entre nous est le cadeau de quelqu'un d'autre même si nous n'en avons pas toujours conscience.

En ce qui me concerne j'aime les cadeaux, je développe même une certaine gourmandise, à les regarder, les sentir, toucher l'emballage avant de les ouvrir avec fièvre et curiosité. Alors oui la vie est un cadeau. Si on regarde bien chaque jour, il y a un présent devant notre porte.















Qu'ils sont beaux nos enfants! Et ils s'entendent! Un vrai miracle!




Pour finir ce très beau poème de Colette Nys-Mazure, lu par ma marraine en ce grand jour:

Radieuse

"C'est une fille de haute liesse,
à prendre la vie en proue,
hisser les heures à vive allure,
une femme libre de son essor.
Elle rit vrai à la face du jour
et son haleine a la fraicheur
des pointes d'herbe quand frémit l'aube.
On tenterait de la retenir.
La marge d'une étreinte, d'une page partagée,
d'un morceau de pain rompu.
Elle est déjà plus loin que le tournant de l'été.
On cherche son propre chemin
dans le sillage fulgurant.


"Singulières et plurielles. ED Desclée de Brouwer. Collection litterature ouverte.2002"


vendredi 15 janvier 2010

A ras bord

Une heure que je suis couchée et que j'entends la baignoire du sous-sol qui se remplit....
Je lutte contre l'envie de me lever pour arrêter l'eau qui coule. Ce ne serait pas rationnel et il faut se retenir de céder à des pulsions névrotiques. Je me répète que c'est tout simplement impossible que l'eau s'épenche ainsi sans que personne d'autre que moi ne l'entende et n'aille l'arrêter. Mais l'angoisse continue de m'étreindre le coeur. La baignoire n'était-elle pas sale? N'aurais- je pas, dans mon empressement à faire mille chose à la fois, oublié de la nettoyer? Auquel cas, c'est peut-être bien la raison de cette sorte de lavement interminable que j'entends. Ma baignoire sera donc propre. Elle s'auto-nettoie en quelque sorte...
A moins que ce ne soit tout le sous-sol lui même qui n'en peut plus de toutes ses toiles d'araignées trop longtemps niées? Auquel cas le débordement serait peut-être salvateur. Il emporterait non seulement la crasse de la baignoire mais aussi celle des bas-fonds de mon âme! J'ai peur qu'elle n'y survivrait pas!
Je me dis alors que le risque de débordement est minime n'est ce pas, avec cette belle invention qu'est le "trop plein"! L'eau en excédent est évacuée au fur et à mesure par une porte de secours, alors pourquoi m'inquiète-je ainsi?
Mon cerveau souffre de dichotomie. Une partie de lui est terrifié par l'idée d'un débordement. Une autre se veut rassurante et logique: tu en as vu d'autre, ta baignoire a déjà fait ses preuves, le drame n'aura pas lieu...."Dors et demain tu verras, tu n'entendras plus l'eau couler", me murmure ce coin de cerveau positif.
Voilà, voilà, c'est ce qui arrive parfois lorsqu'on sent ses propres limites intérieures presque atteintes....On entend des baignoires se remplir indéfiniment et on passe la nuit à se demander s'il y aura débordement!

mardi 12 janvier 2010

Y a des jours où faut y aller quand même!


Finalement ce n'est pas le méchant virus à la une de tous les médias français qui aura entrainné notre pays à la paralysie mais cette bonne vieille neige contre laquelle aucun vaccin n'a été mis en place! Samedi dernier lorsque j'ai voulu acheter de quoi substenter les 15 copains, gros mangeurs de surcroit, invités chez moi, j'ai dû me rendre à l'évidence qu'il allait falloir improviser et jeter ma liste d'ingrédients à acheter à la poubelle!
Les camions avaient été immobilisés avec interdiction de circuler ce qui a eu comme conséquence des rayons désespérement VIDES!!!!!
"Vous regardez pas la télé ma ptite dame?" qu'il m'a dit le boucher.
"Ben non" qu'la ptite dame que je suis lui a répondu.
Depuis, je ne suis pas retournée en courses. La Saône et Loire souffre d'un manque de ravitaillement, oui, oui!
Cet après midi il va pourtant bien falloir m'y coller. Pour cela il faudrait déjà que j'arrive à sortir ma voiture de mon allée recouverte de 10 cm d'une couche blanche bien installée! Cela doit bien faire rire mes copines des grands froids (Marico et noèse) qui doivent avoir l'habitude de manier la pelle avec une dextérité toute canadienne!
Moi j'ai même pas de pelle, pathétique non?
Ce coup ci, je n'ai pas fait de liste. Je vais acheter au feeling parmi les deux trois trucs qui traîneront sur les étals.

dimanche 10 janvier 2010

Célébration







Ils viennent de partir.
Les amis de Marti. Mon homme enseveli.
La garde rapprochée comme je les ai surnommés.
Ceux qui répondent toujours à l'appel.
Ceux qui le font revivre lorsqu'ils sont là, ensemble.
Ils avaient l'habitude d'être invités en janvier.
Le mois de l'anniversaire de Marti qui tombe à peu de chose près avec la fête de la saint vincent tournante, la fête des vignerons, importante par chez nous!
Alors il y a des habitudes qui sont bonnes à garder.
Même si cela fait bientôt trois ans que ce n'est plus l'anniversaire qu'on fête, mais plutôt le besoin de se retrouver.
Il y a un côté rassurant à ce rituel là.
Les gens ne sont plus mais l'amitié et l'amour reste.
Et c'est bon!



vendredi 8 janvier 2010

snif

Tu es parti.
Si loin!
pour si longtemps!
Je me sens de nouveau abandonnée.
Merde! Je joue aux nanas indépendantes et tout puis me voilà transformée en glue 3.
J'ai pshitté ton parfum, allumé un feu comme toi, mangé ton fromage, mis ton peignoir de bain....
Mais bon, ça fait pas pareil.....
Tu me manques....

lundi 4 janvier 2010

Blocage de l'IMEI: le gros mensonge des opérateurs!

Pour rester dans du concret mais pas scatologique je souhaite partager avec vous la découverte de la grande supercherie qu'est le soi-disant blocage du IMEI des téléphones portables!
Comme vous le savez si vous avez lu les billets précédents, le portable volé de mon troisième a été retrouvé par la police. Sur les conseils avisés de plusieurs personnes (non Myel, je ne te nommerai pas ;-) j'ai écrit une demande de blocage du tel volé accompagné d'une copie du dépot de plainte afin que le voleur ne profite pas de son méfait.Mon opérateur m'a envoyé un courrier m'informant que le nécessaire avait été fait et que le téléphone ne pourrait plus être utilsé avec une quelconque carte sim de cet opérateur là. En revanche, ils ne garantissaient pas qu'il ne soit pas utilisable avec d'autres opérateurs. Entre le moment où le policier me prévint qu'il avait le téléphone et le moment où je l'ai récupéré, j'ai donc appelé mon opérateur pour qu'il annule le blocage, enfin fasse la manip inverse. Et là CATASTROPHE, on me dit que non, ce n'est pas possible. Le blocage est définitif sur cet opérateur.
Le jour J, je récupère le téléphone portable désappointée de son inutilité et je le mets dans la chambre du fiston à côté de divers trophées qui ornent son bureau.
Lorsqu'il descend de sa chambre super content et téléphonant à droite à gauche, vous imaginez ma surprise!
Ce téléphone fonctionne à merveille avec n'importe quelle carte sim du fameux opérateur, roi du mensonge!
Alors croyez moi, si on vous vole le téléphone économisez un timbre, n'envoyez pas de demande de blocage! C'est parfaitement INUTILE!!!!!

dimanche 3 janvier 2010

âmes sensibles, s'abstenir

Si vous avez cliqué sur ce billet malgré l'avertissement du titre, vous avez pris un risque qu'il vous faudra assumer!
Avant d'aller plus loin, je souhaite vous présenter des excuses. La plupart des blogueurs essaient d'élever le niveau d'écriture en postant de beaux billets métaphoriques qui nous laissent le souffle coupé, la larme à l'oeil ou le cerveau en ébullition. MOI, je m'obstine à écrire du quotidien, des trucs au ras des pâquerettes, voire 5 cm en dessous. Avec ce billet-ci j'atteins des profondeurs abyssales, tenez-le vous pour dit!
A 23h, alors que je rendais tripes et boyaux suite aux excès divers et variés des fêtes, mon portable a sonné. Au bout des ondes, la voisine en dessous de l'appart que j'ai acheté l'an dernier, pour un fiston et mon neveu, mais actuellement inoccupé, rapport aux fêtes.
"Il y a un dégât des eaux chez moi, ça a coulé sur mon piano!"
"ça coule en ce moment même?"
"Non, cela ne coule plus mais il y a une sorte de poche humide menaçante au plafond"
"Mon fils et mon neveu ne sont pas à l'appart actuellement, est ce que vous pensez que cela peut attendre demain?"
Je vous épargne la longue complainte téléphonique qui a suivi sur la vie, les soucis, la solitude et la grande lassitude de la voisine.
Le lendemain, c'est à dire aujourd'hui, emmitouflée, gavée de dafalgant, l'appareil photo en bandoulière, je suis partie à Dijon. Mon amour a bien voulu m'accompagner et conduire. S'il avait su ce qui l'attendait......
Nous avons donc ouvert la porte de l'appartement à 14h14 exactement et la première chose évidente c'est que cela sentait très fort......LA MERDE!
Le couloir et les chambres semblaient dans leur état normal : lit défait, fringues par terre, poubelles vomissant leur contenu sur le sol, biscuit à moitié mangé sur le bureau, des chambres de jeun's quoi! (Il n'y a que les miens qui sont comme ça? Rassurez-moi au passage)
Mais dans la cuisine le liquide qui s'étalait allègrement ne ressemblait malheureusement pas à de l'eau. Il s'épenchait depuis la salle de bain, mitoyenne aux wc. Ce petit coin montrait un tableau contemporain psychadélique qu'un psychopathe aurait eu l'idée de créer par projection de merde. Il y en avait partout, sur les murs, la porte, avec de beaux colombins solides, mélés à des frères plus flasques. Nous avions un échantillon des déjections de tous les locataires de l'immeuble!!!!
Nous avons pataugé 4h.
Cela n'a pas arrangé mes nausées.
Mon amour est héroïque.
Nous devrons revenir demain.
Il a fallu que j'annonce à la voisine d'en dessous l'origine de ce qui est tombé sur son piano.
Mon neveu passe son concours de médecine après demain....
Je dois le loger chez un cousin.
Vous savez quoi? Ce début 2010......C EST LA MERDE!!!!!!









vendredi 1 janvier 2010

Et vous c'était comment?

"Merde le champagne!" On a oublié d'acheter le champ!
"Je vais y aller"
"Mais il est 17h, on est sensé être chez ta mère à 18h et y en a pour une heure de route!"
"T'es prête, là?"
"Nan"
"Alors tu te prépares pendant que je vais acheter le champ"
Je regarde mon visage aux traits tirés et mes cheveux huileux. Sur qu'il y en a pour plus d'une heure de me redonner une gueule correcte!
Merde le gui!
"Les garçons?"
"Ouais (gromeli lointain)?"
"Vous êtes prêts?"
"Ben ouais"
Doute affreux..."S, t'as bien mis une chemise?"
"Une CHEMISE? Pourquoi faire?"
"Mais c'est le réveillon!!!! (dernière note très aigue)"
"Et alors? c'est un jour comme les autres pour moi, ça mfait pas plus d'effet qu' le 2 mars!"
Respiration par le ventre, visualisation d'une aura bleue au milieu du salon....Je rejoins l'ado ébouriffé du premier. Il est planté devant son écran, jouant avec celui de la chambre d'à côté, en djean et tee-shirt basique. J'ouvre sa penderie, je cherche sa chemise, je tombe sur un paquet de vêtements en boule dans le bas de l'armoire.
C'est quoi ça????????(mode légèrement hystérique)
"Ah oui, jme rappelais plus où jlavais mis! C'est mon linge sale."
"Arrête c'tordi IMMEDIATEMENT, empoigne moi ce tas et descend le dans le lave-linge, ensuite tu pars en expédition au fond du jardin et dans le quartier avec ton compagnon de jeu pour trouver du gui, pis tiens pendant que t'y es tu sortiras le chien pask'on l'emmène".
"On emmène le chien?????N'importe quoi! bon y a moyen que F et moi on y aille pas?"
Nan, y a pas moyen sacrebleu! F es-tu prêt?
Un bout de tee-shirt de la veille emet un petit mouvement de derrière un écran et la non -réponse m'informe que non.
Quand mon homme revient, j'ai toujours la même gueule, pire même peut-être, le chien n'est pas sorti, les ados n'ont pas bougé d'un cm.
"J'ai pris deux bouteilles! Qu'est ce que tu es belle!"
"Super! bon jvais sous la douche, vois ce que tu peux faire avec les deux extraterrestres du haut, bon courage!"
Une heure après, contre toute attente, les garçons sont dans la voiture, mutiques mais faut reconnaître que le mien a quand même mis une chemise, Clara entre eux, le chien derrière tout content de la balade.
Une heure après on est chez la mamie, 82 ans, une meilleure ouie que mon amour et moi réunis, une énergie sans pareille, attablés devant des tas de boîtes de chocolats offerts par la petite gourmande! Comme elle a la bonne idée d'avoir laissé "qui veut gagner des millions" à la télé, les gosses se tiennent tranquilles, heureux de consommer du rab d'écran!
Une heure après on est sur notre lieu de réveillon.
Une heure après nos ados supplient l'hôtesse de leur permettre d'acceder à un ordi!
Je vous épargne les bonnes résolutions. De toutes façons, ce sont celles de l'an dernier que je reconduis compte tenu que je nsuis pas fichu dles tenir!
Après je ne sais plus. Champagne, vins, huîtres, champagne, danse, baisers, cerveau embrumé, 6h du mat, estomac en visite chez mes amygdales, le chien à sortir, les talons qui flanchent enfin un lit, une peau contre la mienne
Bonne année à tous!

mardi 29 décembre 2009

Ce ne sont pas des vacances reposantes pour tout le monde!

8 à la maison depuis le 27!
Une petite fille,
Trois ados,
Un jeune couple d'amoureux,
et un couple de jeunes/vieux amoureux qui essaie tant bien que mal d'avoir quelques minutes pour eux!
9h/9h30 réveil de la petite. Préparation des tartines, incitation à la toilette.
Le vieux/jeune couple déjeune, les yeux dans les yeux, établissant le programme de la journée avec l'objectif toujours le même et très difficile à réaliser: FAIRE SORTIR NOS ADOS!!!!
Les extirper de leur ordinateur ou de leur "non faire!"
Entre 10h et 11h les trois ados se réveillent les uns après les autres, les cheveux hirsutes, l'oeil voilé, ils s'assoient espérant que les céréales sortent toutes seules du garde manger pour tomber dans leur bol qui, lui aussi, serait arrivé là on ne sait comment....
Entre 11h et 12h dernier service pour le jeune couple amoureux qui squatte le sous -sol pour l'occasion. Toujours scotchés, l'air heureux, que dis-je, béat plutôt l'air, aucune décision de l'un n'est prise sans l'autre... "Tu veux quoi mon coeur pour le petit dej?" "Comme toi mon coeur", "un chocolat ça te dit?" "Oui, si tu veux..." etc....
Moi, je dois juste essayer de gérer le timing des déjeuners, des dîners, des courses (penser à m'acheter un deuxième frigo....). Mon amoureux m'assiste merveilleusement bien pour ces tâches.
Pourquoi rêve-je donc d'un séjour sur les îles dans un super hôtel 5 étoiles? HEIN?

lundi 21 décembre 2009

Surprise du jour

J'étais au volant de ma voiture cet après midi lorsque le téléphone a sonné avec le mot "inconnu" qui s'est affiché sur l'écran. C'est bête ces appels masqués parce que lorsque je sais qui m'appelle, je ne réponds jamais en voiture, me disant que je vais rappeler en arrivant, mais si c'est inconnu, ma curiosité est à son comble....Alors je marrête sur le bas côté, sans couper le moteur (oui je sais qu'il faudrait que je l'arrête...) et je réponds. Là j'entends :
"madame S....?"
"Oui."
"Commissariat de -----------"
Au premier mot mon cerveau tourne à cent à l'heure. Je pense d'abord à mes aînés. Je les imagine morts, accidentés, puis devenus peut-être délinquants etc...Sans compter qu'il y a un risque de verbalisation pour téléphoner en voiture ;-)
Je soupçonne les flics de faire exprès de marquer un petit temps de silence après les présentations, histoire de se délecter du petit effet produit....
"Vous avez porté plainte pour un vol de portable récemment"
Ouf, j'arrête de suer à grosses gouttes! "Effectivement", que je réponds dans un énorme souffle de soulagement.
"Nous avons retrouvé le voleur et le portable" m'annonce fièrement cet agent de l'ordre.
Je reste sans voix devant cette efficacité policière. Le bonhomme qui doit sentir mon étonnement derrière mon silence éloquent, me balance:
"Eh oui, on critique la police mais vous voyez que l'on sait faire notre travail finalement!"
"Oh loin de moi cet idée", que je réponds hypocritement.
"Vous pouvez venir le récupérer demain matin?"
"Oui, bien sûr, merci et bravo!"
C'est le fiston qui va être content!

Anticipons les réjouissances....

Nous allons bientôt
Fêter la nouvelle année,
celle qui va faire grandir nos enfants un peu plus
et nous réjouir de l'évolution qui se confirme en eux,
l'accepter avec juste ce petit recul necessaire,
Tatonner pour atteindre la bonne distance entre nos intimités,
Accueillir leur différence malgré l'incongruité de leur comportement parfois!

Nous allons bientôt
Fêter la nouvelle année,
celle qui va éloigner nos aînés davantage
Celle qui nous fera manquer de souffle plus souvent
L'admettre sans chercher à repousser nos limites
Ne pas craindre les surprises qu'elle nous réserve
Mais prier, prier pour qu'elles ne soient que bonnes!

Pour calmer mes doutes sur ma capacité à vivre sereinement cet avenir à venir, j'ai commencé un puzzle.
Parcourir des yeux les centaines d'éléments possibles,
en choisir un parce qu'il semble le mieux convenir
Le poser et sentir du bout des doigts et des yeux son parfait ajustement
Calme toutes mes angoisses!

Et parce qu'un puzzle m'inspire un mandala je vous offre ce texte de Chögyam trungpa:

"Un mandala est un espace, une unité de temps et de lieu dans laquelle se présente et se vit une expérience donnée. Le mandala est en fait constitué par deux mandalas égaux et réciproques: le mandala du samsara et celui du nirvana. Ces deux aspects, indissociables et complémentaires, forment la réalité. La réalité est une question déroutante mais il existe un moment où toute remarque n'a plus d'importance et où il convient , simplement, de voir les choses comme elles sont, sans les interpréter. Là est l'essentiel."

vendredi 18 décembre 2009

Mon culot, ma chaise et moi

Dans cette nouvelle vie professionnelle, me voilà en train de faire du porte à porte avec un gros sac sur roulettes. De l'expérience des uns et des autres, je sais qu'il faut que j'ouvre mon sac et que je déploie ma chaise de AMMA le plus vite possible tout en parlant et que je place dessus le patron du commerce ou de l'entreprise que je vise. Après mes mains font le reste, puis l'enthousiasme dont je sais faire preuve aussi. 15 minutes pour convaincre. Je décroche des journées de boulot/plaisir. Ou non. C'est un nouveau défi à chaque fois et j'y prends goût.
Je quadrille un quartier ou un type d'entreprise. Je rencontre des gens. Je suis dans le relationnel, mon élément, finalement. Avec ce sentiment que je vis une autre vie, que je suis une autre tout en restant la même, que le champ des possibles est immense, que de nombreux chemins s'offrent sans cesse à nous et que tiens?....C'est celui-là que j'ai choisi....
Mais choisit-on?
Sur cette route, qui est tout sauf droite, on préfère parfois planter son baluchon et rester sous un arbre que l'on connaît et qui est bien rassurant....Parfois on avance vers l'inconnu et si des embuches nous font faire des détours, il est clair que rebrousser chemin n'est pas envisageable!
Alors j'avance.
A mes côtés les vieux amis, ceux qu'aucune bifurcation ne peut éloigner tout à fait, mes enfants, inquiets et fascinés par ma farouche détermination, peut-être un peu fiers aussi qui sait?
Puis LUI, celui qui donne un sens à mon futur, mes ailes, mon énergie vitale, mon anti-peur, l'épaule nécessaire, le regard confiant et aimant, la braise, le soleil, l'inespéré espoir...

jeudi 17 décembre 2009

Anniversaire

Maman, maman, j'ai un cadeau du ciel pour mon anniversaire!!!!
Ma fille est toute heureuse de toute cette neige qui virevolte dans le ciel et recouvre ses cheveux, son menton. Elle ouvre la bouche comme le font tous les enfants, pour sentir la fraicheur et la douceur des flocons sur sa langue. Je l'imite.
Ce matin, deux de ses amoureux l'attendaient derrière la porte de l'école parce que nous étions en retard. Ils lui ont crié "bon anniversaire!" en lui ouvrant la porte. Cet accueil m'a fait un petit frisson au coeur. Les enfants de son école ont un rapport particulier avec elle depuis la mort de son papa. Elle est chouchoutée, protégée et toute cette solidarité me donne confiance en la jeunesse.
Ce soir, tout est blanc dehors. Il règne ce silence feutré si particulier à la neige, qui est à la fois apaisant et un peu angoissant..
Le feu brûle dans la cheminée, le champagne est frappé, Florent Pagny chante dans les haut-parleurs (chanter pour ne pas cesser de vivre, chanter pour dire "je t'aime"), nous sommes bien....

mercredi 9 décembre 2009

Pour sourire








dimanche 6 décembre 2009

Les préparations

Bientôt Noël!
Ces jours-ci le sujet de Noêl est presque supplanté par celui de la vaccination. (90 absents un jour de la semaine dernière dans le collège où je travaillais tout de même!). En ce qui concerne ce vaccin, je refuse de faire deux heures de queue dans le centre prévu à cet effet au milieu d'un rassemblement de personnes susceptibles de nous faire chopper le virus. Mon étudiant en médecine est le seul de la famille à s'être fait vacciner sans se poser la question duquel vaccin il recevait, sans doute le basique avec adjuvant.Il a eu de la fièvre le lendemain avec frissons que le paracétamol a atténué et voilà. Mes trois autres loustics et moi ne nous ferons pas vacciner et puis c'est tout.
Je préfère consacrer mon énergie et mes pensées à décorer la maison et fouiner dans les boutiques pour acheter des cadeaux aux uns et aux autres. Mon amour ayant deux enfants et moi quatre, c'est le casse -tête courant des familles recomposées pour trouver les dates de réunification de tous les enfants. Pas sure qu'on y arrive. Mais ce n'est pas grave, je sais déjà que ce Noël sera infiniment plus gai que les deux derniers, puisque je ne suis plus seule à le préparer, à le goûter à l'avance!
Les guirlandes fleurissent au plafond, les vitres se couvrent de stickers de Noël, le feu brûle dans la cheminée et le parfum du sapin ne tardera pas à chatouiller nos narines.
Je vous souhaite à tous paix et amour en cette période festive!