dimanche 20 novembre 2011

Ca y est!

J’ai choisi scientifiquement, c'est-à-dire que j’ai suivi une certaine logique, procédant par tâtonnement et éliminations successives pour ne conserver que les meilleurs sujets. J’ai posé les questions nécessaires pour connaître la famille, enfin avoir une petite idée des origines parce que même si l’on considère que la vie est une loterie et qu’une série de mutations inattendues peuvent mettre à bas des siècles de lignées familiales sans histoire, (surtout par les temps qui courent!) il n’en reste pas moins que la génétique est une donnée à intégrer….

Je me suis inscrite sur des sites, j’ai organisé des rencontres. J’ai été souvent déçue. Petit à petit il a fallu que j’élargisse ma recherche, que j’envisage de chercher la perfection de plus en plus loin, géographiquement parlant. Bien sûr, j'ai du alors me contenter de photos et croire sur paroles ce qu’on pouvait me raconter comme boniment.

Mais je ne me suis pas découragée, persuadée qu’un jour forcément j’allais tomber sur le bon, il n’y a pas de raison, si tout le monde trouve pourquoi pas moi ?

Oui c’est vrai, je suis exigeante et plus je vieillis plus je le suis. A mon âge si on ne sait pas ce qu'on veut et surtout ce qu'on ne veut pas c'est qu'on a pas vécu normalement, non?

Il fallait qu'il s'entende avec toute la famille, supporte les autres animaux, indépendant mais pas trop, beau, intelligent, fidèle, et c'était un minimum, quoi!

Il n’y a aucune raison pour que les choses viennent à moi toute seule, n’est-ce pas ? Le bonheur il faut le dénicher puis aller l’apprivoiser et le ramener à soi enfin c’est ce que je crois, il faut bien croire en quelque chose !

Dans ma tête, je l’avais appelé Gandalf, tout un symbole que d’espérer ce mage venu sur la terre du milieu pour lutter contre le mal (voir le seigneur des anneaux).

Mais finalement celui que j’ai trouvé (à 4H40 de route si j'en crois mappy) s’appelle Génie. Vous noterez que l’on reste dans le domaine de la magie surtout lorsque vous saurez que ce génie vient du cèdre enchanté !

C’est un adorable berger des shetlands tricolore qui accompagnera mes jours (et mes nuits), génial hein ?


ps avouez que l'espace d'un instant vous avez cru autre chose n'est ce pas? hi hi hi

mercredi 16 novembre 2011

Marsupilami

J'ai fait un gros nœud avec ma longue queue jaune et noire, je l'ai lancée en l'air et lorsqu'elle est retombée, elle s'est ancrée dans le sol et m'a propulsée en avant.
Je suis le marsupilami féminin.
Je rebondis!

Me voilà donc de nouveau dans l'action et l'esprit positif. Je monte des projets dans ma petite tête d'animal bondissant et c'est bon.

Hélianthine c'est un surnom de couleur parce que le gris ne reste jamais ma teinte prolongée!

Ouf quand même hein?

lundi 14 novembre 2011

Ce qui est remis en question

En ce moment la crise en question est une bonne vieille crise existentielle du genre c'est quoi la vie, l'existence tout ça....

1) Bertrand et moi avons signé notre requête "conjointe" (ce mot me fait sourire) de divorce. Ce qui me fait mal n'est pas notre séparation (salvatrice pour des tas de raisons) mais le fait que cet échec met à bas mon espoir de revivre avec un homme, de reconstruire une vie commune vivable. Cela me fait travailler l'idée de la solitude jusqu'à ce que mort s'ensuive, ce qui était inenvisageable pour moi jusqu'alors.
Mon crédo : "plutôt vivre mal accompagnée que seule n' a plus de sens"....Maintenant je sais par expérience que en effet selon le dicton populaire parce que plein de bon sens, mieux vivre seule que mal accompagnée, ça c'est fait!

2) Vivre c'est quoi? Mon amie vit-elle? Tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir, mais l'espoir de quoi dans un comas qui dure?

3) J'ai depuis toujours une foi indéfectible en la vie et ses surprises. Mais là je ressens une lassitude sans commune mesure avec ce que j'ai éprouvé jusqu'alors. Avec mon premier divorce, j'avais l'espoir de construire ma vie plus en adéquation avec celle dont j'avais rêvé, c'était une séparation chargée d'espoir de vivre autre chose. Avec la mort de mon homme, mon mari pour la vie, j'étais dans la douleur, physique et mentale, la colère me maintenait debout. j'avais l'espoir de venir à bout de toute cette colère! Mais là je n'ai plus d'espoir. Rien n'aura la saveur de ce que j'ai connu. Rien ne vaut la peine d'espérer.

4) les amis qui ont toujours eu une place prépondérante dans ma vie, qui m'ont portée, dont j'ai sucé l'energie, la force quand j'en avais le plus besoin, que j'ai appelé au secours plus d'une fois ont toujours été là. Alors pourquoi l'envie de les appeler m'a quittée?
Elles sont là pourtant, les fidèles. Celles que j'ai laissé continuer le chemin avec moi: Christine B, Christine Z et cousine Christine c'est un prénom qui était prédestiné à celles qui devaient devenir (et surtout rester) mes accompagnatrices de vie, Cathy qui partage ma tristesse de savoir Céline "ailleurs" (des C, encore des c...). La famille essaie de marcher sur des oeufs, pour venir à moi, malgré mes emportements, l'Amie distante géographiquement et de lassitude surement ne peut plus me suivre dans ces marais là et je ne lui en veux pas.
Puis les amis qui étaient avant (et sont toujours d'ailleurs) les amis de l'homme disparu et dont la plupart sont devenus mes amis, ne sont jamais bien loin, comme d'hab, discrêts mais vigilants.....Désolée tous, désolée. Merci de le comprendre encore!

5) Les enfants? Ils font leur vie non? Ce que j'ai toujours rêvé qu'ils fassent! Je ne suis pas encore assez sénile pour leur demander de me prendre en charge, Dieu merci!

Oui anonyme, tu as raison, j'ai pris le package.
Sinon? ça va, et vous?

vendredi 11 novembre 2011

petites pensées noires en vrac

Suite aux inondations du var, je vais arrêter de parler de mes petites fuites. De toute façon c'est une affaire qui s'est résolue grace à la générosité du service technique de la Saur qui m'a offert la pièce necessaire (à moins que cela n'ait un rapport avec le fait que le responsable technique soit un homme mur et que je suis une femme dans une voiture bleue flashie, sachant se mettre en jupe à chaque fois qu'elle a besoin de quelque chose...Allez savoir!)

Mon amie ne se réveille pas. Ils ont pourtant arrêté de lui injecter les poisons qui la maintenaient dans le coma artificiel. Elle devrait donc ouvrir les yeux.
Mais elle les garde fermés.
Je n'y crois plus.
Peut-être qu'elle est bien, flirtant avec les esprits de l'au delà et qu'elle sait ce qui l'attend si elle revient (risque de séquelles ) ce qui fait qu'elle reste où elle est.... entre deux je ne sais quoi....

Moi je vais tout doux tout doux. Je courbe l'échine, je me fais petite. Je réduis ma vie sociale. Je ne souhaite pas me mettre en danger en m'exposant. Traverser une période de crise intérieure pour moi a toujours signifié un certain isolement.
"Tu n'envisages pas de te faire accompagner?" me demande mon cousin coach.
"Si, si je vais prendre un chien!"

Un chien de berger. De cette race de ceux qui rassemble les troupeaux, qui comprend son maître d'un seul coup d'oeil. Un chiot à dresser pour m'occuper physiquement et psychologiquement.
Les chiens seront mes derniers compagnons dans le quotidien, parce que je ne veux plus partager ma vie avec un homme, plus question, non.

jeudi 3 novembre 2011

Loi des séries

Avez vous remarqué?
L'emmerd n'existe pas! On dit : "les emmerds"
Parce qu'ils arrivent toujours en paquet, c'est comme ça, c'est la loi des séries!
J'en étais donc à mes ptits soucis de fuite d'eau après compteurs...
Hier je suis allée voir une dame charmante à l'accueil de cette belle entreprise qu'est la SAUR. Elle m'écoute, patiente et fait le nécessaire pour faire venir un technicien. Parce que mon plombier m'avait dit que c'était la Saur qui avait le raccord nécessaire lié au compteur et que lui, ne trouverait pas cette pièce.
Puis au moment où je quittais ce bureau chaleureux et que je pénétrais dans ma voiture humide (oui parce que j'ai une fenêtre électrique qui ne se remonte plus grâce à son petit moteur mais il faut la forcer à la main et du coup l'étanchéité n'est pas top...), que je tournais la clé dans le contact, un voyant inhabituel s'est allumé sur le truc qui me sert pompeusement "d'ordinateur de bord". Y avait marqué : "anti-pollution à contrôler".
"Allons bon", me suis je dit, "voilà autre chose! "
Qu'à cela ne tienne, je téléphone à Renault qui me propose une valise magique de détection tout problème le lendemain matin, ce matin donc.
Pour ceux qui sont encore là, et encore alertes après toutes ces explications assommantes, je me retrouve avec mon amie et collègue dans un café de centre commercial pendant trois heures, la musique à fond les manettes dans les oreilles, dans l'attente du diagnostic de la fameuse VALISE.
Le diagnostic c'était une pièce à changer 240€ pièce, main d’œuvre et valise magique comprise...
C'est pas trop le moment mais ils acceptent deux chèques.
En revanche les 300€ pour le petit moteur de la vitre je dis non, là vraiment pas possible, on verra en 2012!
Puis en début d'après midi le technicien de la SAUR vient, descend dans la cuve, montre du doigt l'endroit ou cela continue de goutter (ce n'est plus le jet d'eau mais ce n'est pas parfait)
"C'est là?"
"Oui"
"Eh bien cela ne dépend pas de nous."
"Puis je appeler mon plombier et vous le passer?"
"Si vous le voulez" (genre les yeux au ciel, je suis tombée sur l'emmerdeuse du village!)
S'ensuivit un échange entre deux techniciens parlant japonais pour l'imperméable aux choses de la plomberie que je suis (entre autres choses, imperméable).

Mon plombier disait qu'il ne pouvait pas trouver ce type de rallonge (extensible coulissante), le technicien avec un ton plutôt condescendant lui répondant qu'on trouvait ces pièces au premier bricoman venu....

Moi, regardant attentivement le goutte à goutte, histoire de me calmer les nerfs.

Le technicien repart, me conseillant de changer de plombier. Il me montre les pièces. Je note leur nom, diamètre etc et je les prends en photos (on est jamais assez prudente!)

Le plombier me rappelle en me disant qu'aucun de ces fournisseurs n'avait ce type de rallonge et qu'il n'allait pas courir bricoman et casto alors qu'il savait très bien qu'il ne les trouverait pas!

Je prends mon appareil photo, ma voiture qui ne pollue plus grâce à la valise magique et je fais les deux magasins en question. Je montre la photo des coupables aux vendeurs, donne les caractéristiques incompréhensibles de ces pièces. Et j'entends dans les deux cas que non, ils ne peuvent rien faire pour moi.

Alors ce soir, je pose la question au monde entier par l'intermédiaire de ce modeste blog décrivant les déboires complètement sans intérêt d'une terrienne européenne de base:

Comment réparer un truc qui ne dépend pas de la saur avec des pièces que seule la SAUR possède??????

Suite au prochain épisode.

Sinon, dans la série:
mes deux télécommande de portails ne marchent plus,
L'os de la main de mon fils ne se re-soude pas
le bus de ma fille ne s'arrête plus devant son collège à cause de travaux de la ville m'obligeant à l'emmener tous les matins,
la liquidation des biens divorce c'est demain avec un gros chèque à faire
ma tondeuse ne marche plus
Il pleut
J'ai mal à la tête
Je n'ai plus de vin!

lundi 31 octobre 2011

Parfois un trop plein déborde....

J'ai remarqué que parfois des évènements extérieurs marquent notre état intérieur.

Je m'explique:

Bertrand est parti. Je me réapproprie l'espace dans tous les sens du terme.
Mais l'accident de mon amie occupe mes pensées.

Et le pas de vis de la vis de serrage des canalisations d'eau après compteur (bien sûr parce qu'avant ce serait pris en charge par la SAUR alors trop facile, non, il faut que cela soit de mon côté...) devient fichu et une sorte de jet d'eau sort de cet "entre canalisation" et je regarde ma cuve se remplir impuissante et on est samedi et je me dis que finalement cela me fait du bien de voir toute cette eau couler mais en même temps cela m'inquiète parce que cela ne semble pas s'arrêter et on accepte les choses que si on sait qu'elles ne durent pas puis concrètement là toute cette eau je vais devoir la payer!

Alors dans un sursaut je cherche dans mes factures et ouf je vois qu'il existe un numéro d'urgence de la saur disponible 7j sur 7, 24h sur 24 alors je téléphone et je tombe sur un répondeur. Mais cela ne m'inquiète pas c'est quelqu'un de garde, je vais laisser un message avec tous mes numéros de téléphone et il va me rappeler, il doit être sur un autre dépanage. Aujourd'hui 21h57 je n'ai toujours pas eu de rappel de ce monsieur chargé des urgences alors ce mot ne doit pas avoir le même sens pour les uns que pour les autres.

Mais heureusement une sorte d'intuition m'a poussée à tout de même laisser un message téléphonique à mon plombier, un homme qui m'a dépannée tant de nombreuses fois, parfois gracieusement d'ailleurs que je me dis que lui il saura me dire quoi faire. Eh bien LUI il est venu dans le quart d'heure qui a suivi et il est descendu au fond de la cuve pleine d'eau avec ses bottes en cahoutchouc et il a fermé un robinet quelque part et on a écopé ensemble et il a limé le pas de vis pour remettre un joint et l'eau a arrêté de couler.(enfin si on ne tient pas compte du petit goutte à goutte)....

Cela vous semble bizarre mais je trouve un rapport entre mon envie de faire péter une canalisation intérieure, par un pas de vis trop usé par la vie et ce que je viens de décrire. Comme si ma maison souffrait d'une sorte d'empathie...

Je deviens folle?

Oui c'est bien possible....

Faudrait que je trouve une sorte de plombier de l'âme qui me répare mes pas de vis et me mettent de nouveaux joints....

Sur un thème approchant j'avais déjà écrit cela :http://quadragenaireenlutte.blogspot.com/2010/01/ras-bord.html

espace temps

Mon amie est dans un autre espace temps....
Où est elle?
Que ressent elle?
Comment l'atteindre dans cet inconnu?

Le coma dure.

Une incertitude difficile.
Ses jours ne sont plus en danger à priori, puisque j'entends état stable, état stabilisé, état stationnaire. Mais justement : trop stable trop stationnaire à notre goût. Notre amie on veut la voir ouvrir ses très beaux yeux bleus, on veut la voir sourire, s'activer. C'est trop dur de l'imaginer durablement immobile......
Et ses quatre enfants, comment pourront ils se construire avec une maman là ....Mais pas là ?...
Inaccessible.
Comment pourront ils grandir dans une attente indéfinie?

une méditation au yoga sera organisée pour elle lundi prochain. Nous pouvons unir nos pensées vers elle en espérant qu'elles atteignent cet autre espace temps!

mercredi 26 octobre 2011

Quand un fait divers devient un choc personnel

J'achète de temps en temps le journal local. En ce moment surtout puisque j'ai été interviewé par un correspondant pour mon activité d'accompagnement parental et que je suis dans l'attente de l'article.
Page 5 il y avait un petit encart "Accident: une femme gravement blessée". C'était entre un article sur un début d'incendie sur un bateau de plaisance et l'arrestation de quatre jeunes voleurs. Je n'ai même pas lu le détail de cet encart.
Mais ce soir une amie m'appelle pour me dire que cette femme gravement blessée du journal c'est notre copine. Du coup j'ai lu l'article et certains mots faisaient l'effet d'un electrochoc : désincarcération de la victime, transportée en ambulance médicalisée, inconsciente, au vu de la gravité de son état, pronostic vital engagé.....
Mon amie me parle de coma artificiel et d'hémorragie cérébrale.
Céline............
Je ne peux pas l'imaginer couchée, les yeux fermés. 41 ans, belle, de cette beauté naturelle et simple qui rayonne, quatre enfants, hyper active, généreuse, courageuse, les yeux pétillants de malice et un sourire permanent aux lèvres......
Je n'ai rien pu faire d'autre ce soir que de penser très fort à elle en lui envoyant plein d'ondes positives. Puis je l'ai imaginée à côté de moi. J'ai pensé à ce qu'elle me dirait si on avait appris que c'était arrivé à quelqu'un d'autre. Elle me dirait : "non mais ne t'inquiète pas H, cela va bien se passer, elle va s'en sortir, j'en suis sure".
Alors je vais aller me coucher avec cette pensée-là, ce qu'elle m'aurait dit.
Pourvu que ce soit vrai!

samedi 22 octobre 2011

divorce

Je suppose qu'autant de couples, autant de divorces possibles. On ne peut pas parler DU divorce mais de "son" divorce lié à son histoire de couple et la façon de le vivre propre à chaque personnalité. Dans ma tumultueuse vie, j'ai déjà connu un divorce, celui d'avec le père de mes aînés. Nous avions partagé treize années de vie commune, nous étions parents de trois fils et mon mari m'aimait encore lorsqu'après deux années de différents essais (conseiller conjugal, thérapie), et de chambres à part, je pris la décision qui s'imposait. Cet amour qu'il me portait malgré tout et le respect réciproque que nous éprouvions l'un pour l'autre a permis que le divorce soit à l'amiable sachant que ce mot avait un sens au délà du cabinet d'avocat.(Attention, le domaine de la lutte sur certains points existent encore entre nous et je ne veux pas que vous puissiez croire qu'on vit au pays des bisounours mon ex et moi, pas du tout!)

Avec ce divorce-ci, celui d'avec Bertrand (même si ce n'est pas son vrai prénom) est bien différent. Grâce à lui, j'ai maintenant une approche personnelle du divorce dont j'ai souvent entendu parler, celui avec ses mesquineries, sa hargne, sa bêtise.

A défaut d'un divorce pour agression sexuelle on dira plutôt par agression mutuelle. De consentement il n'y a point sans âpres négociations et "mutuel" est un joli mot difficile à appliquer. On est même très loin de "l'amabilité" sous-entendue dans le terme ancien, désuet aujourd'hui, de divorce à l'amiable.

Madame la lutte bonjour! Je serai bientôt quinquagénaire mais je suis toujours en lutte...Quand donc tout cela s'arrêtera t il?

mardi 18 octobre 2011

Un voile se lève

Il faut que je me concentre pour ne pas bouger mes mains à chaque transition, je dois serrer les cuisses et les mollets sachant que je vais en chopper des bleus mais c'est comme ça, je dois le faire. On dit que c'est comme le vélo, on n'oublie pas mais non c'est faux on oublie beaucoup. On garde quelques notions en tête mais c'est juste qu'on n'arrive plus à les appliquer.
Faut dire que j'avais dix sept ans la dernière fois que j'ai pratiqué alors forcément ça fait un bail!

Alors forcément au début, malgré ma grande motivation j'ai été déçue. Déçue de ne pas retrouver mes sensations, mon plaisir et de n'avoir qu'à gérer de la pression, chaque mardi un peu plus de pression....Pourquoi m'a t on mise dans ce groupe de confirmées????? je ne leur arrive pas à la cheville, enfin, au sabot devrais je dire!

Car oui cette fameuse activité c'est l'équitation!

Mais ce soir je suis plutôt fière de moi. Je sens que j'ai réalisé quelques progrès.
Il faut dire aussi que dans ma tête, du côté de ma vie familiale c'est plus clair. Du coup, sans vouloir reparler encore de tout ce qu'on peut "sentir" sans le voir ou en parler, le cheval comme tous les animaux proches de l'homme est champion du monde pour "sentir" si son cavalier est "avec lui" ou pas. S'il ne l'est pas, il fait ce qu'il veut voilà. ceci explique cela, les débuts équestres difficiles.
J'ai connu ce sentiment de ne rien contrôler par manque de "présence". Lorsque j'étais prof en collège j'ai appris à "entrer dans la classe". Il y a maintes façons de le faire. Au fil de tentatives nombreuses et variées, j'avais trouvé le truc qui marchait. Je rentrai en dernier (après les élèves), je fermais lentement et doucement la porte sans tourner le dos à la presque trentaine de fauves prêts à déceler le moindre signe de faiblesse du dompteur, séducteur, professeur. Je restais debout derrière le bureau quelques minutes en prenant soin de croiser le regard de chacun oui chacun des élèves en face de moi. Tout cela sans aucune parole, aucun signe d'impatience comme si nous avions la vie devant nous pour cela, puis je sortais mes affaires en les invitant à faire de même et le cours commençait. Si je ne prenais pas le temps de faire cela, l'heure en était toute différente et surtout plus difficile. Poser une présence en silence est un art précieux!
Avec le cheval il y a des points communs. il va me tester sur le temps de brossage et du soin avant de le monter, sur la façon dont je vais lui curer les pieds, lui poser la selle sur le dos, le sangler. Si je ne réalise pas parfaitement tout cela, il va passer l'heure à me tester sur la piste. Je retrouve l'idée qu'il ne faut pas "rater son entrée".
Mais finalement en écrivant ce billet, sans trop savoir où cette écriture allait me mener comme d'habitude puisque je ne fais pas de brouillon, ni plan, ni retouches, je prends conscience que l'entrée en matière quelque soit le domaine c'est toujours le truc qu'il ne faut pas louper. La première fois que l'on tient son bébé contre soi, la façon de serrer la main à un client, l'attitude corporelle qui se dégagera à notre arrivée quelque part, le fait d'enlever sa veste ou non....Il y a des milliards d'introductions sans paroles qui présageront de la suite des évènements et c'est même un peu angoissant d'y penser, non?

lundi 17 octobre 2011

Lorsque les choses évoluent malgré soi

J'ai peur,

Je découvre un potentiel qui me terrifie. Deux ans que je touche des peaux d'êtres humains. Au début, je m'attachais aux gestes que j'avais appris, des gestes sans danger pour les articulations, qui avait chacun un sens particulier.
Puis avec l'expérience, petit à petit j'ai pris du recul vis à vis de la technique. Je me suis mis à écouter les dermes, les muscles, les corps. J'ai travaillé ma position, mon ancrage au sol, ma respiration, concentrée à n'être qu'un souffle ou plutôt qu'une enveloppe corporelle traversée par un souffle. Les mains sur l'autre, je ne m'appartiens plus, je deviens une sorte de prolongement de l'autre, l'intermédiaire entre lui et la terre....

Et des évènement étranges surviennent. Je "vois" des choses indicibles. Je sens un "invisible" baignant les corps que je touche, une couche d'atmosphère différente autour des corps.
Un client fidèle depuis longtemps se met à être en connexion télépathique avec moi. Il m'appelle lorsque je vais mal ou que je dois prendre une décision difficile. Il le "sent"....

Le fait de toucher de la façon que j'ai de toucher semble créer des liens "spéciaux"et rend réelles des choses qui ne sont pas sensées l'être.

Moi qui n'ai toujours présenté mon travail que sur le mode Bien-être (je m'en suis même fait un point d'honneur dans ce monde professionnel chargé de charlatants qui profitent de la naïveté de certaines personnes pour leur faire avaler de sacrées couleuvres!), réfutant toute action thérapeutique quelle qu'elle soit, je me mets à avoir des témoignages de clients contraires puisqu'ils me certifient que je "règle" quelque chose chez eux!

Du coup je fais une pause côté "toucher-relaxation".

Je me dis que je ne peux décidément rien faire normalement, comme tout le monde, il faut que j'en rajoute, que je me donne à fond, que je reçoive à fond et je me retrouve dans une situation qui me dépasse.

Je vais juste continuer d'animer mes groupes de parents en ateliers massage-bébés quoi que là aussi, ma capacité d'écoute s'affinant sans doute, je recueille plus souvent des témoignages chargés. Du coup, je me suis trouvée une personne spécialisée dans le coaching familial qui peut prendre le relais (ou déléguer elle-même auprès d'autres professionnels) en cas de nécessité.
Je peux assumer parce que cela reste dans le domaine du connu, du familier, non surnaturel....

Je suis désolée de vous imposer ce billet qui va surement en faire bondir plus d'un(e). Écoutez, vous n'aurez qu'à faire comme si vous ne l'aviez pas lu. Moi cela m'a fait juste du bien de poser des mots là-dessus.

vendredi 14 octobre 2011

La planète collège vue par une maman vieillissante

L'an dernier j'allais souvent chercher ma fille à la sortie de l'école primaire. Cela me donnait l'occasion de bavarder avec les copines du quartier, d'échanger des infos sur les maîtresses, les devoirs, les amitiés de nos enfants.
Aujourd'hui je suis allée chercher ma fille au collège.....

Première constatation: nous sommes deux mamans au milieu d'une vingtaine d'élèves de fin de collège. J'observe. Je constate que plusieurs d'entre eux ont des bonnets de laine sur la tête, ce qui ne les empeche pas d'avoir les fesses à l'air! Remarque il paraît qu'on attrape froid par les extrémités. Ceci explique peut-être cela. Les fesses ne faisant pas vraiment partie des extrémités (surtout quand elles sont rebondies comme celles de ce jeune homme dont je profite de mon oeil connaisseur). Un être asexué lui/elle à bonnet prend le risque de puissants courants d'air au niveau des jambes puisque les trous de son jean prennent plus de place que le tissu lui-même! Je constate une mixité des groupes lorsque les filles assument leur féminité et qu'elles en sont reconnaissables. A ceci près qu'elles crachent comme les garçons. L'une d'elle pose d'ailleurs son "sac à main" qui lui sert de cartable sur le crachat tout juste projeté par sa copine...
Que font ils?
La plupart s'insulte :
"Connard, tu m'abandonnes " crie une fille à un gars qui décolle ses fesses d'elle,
"Putain merde tu fais chier ! "hurle une autre à ce qui semble être sa meilleure amie,
"t'es folle tu vas pas te faire un piercing aux lèvres, t'es qu'une vraie conne si tu fais ça", lance une fille habillée d'un jogging informe et pull large à sa copine les cheveux teintés en noirs, plaqués avec art de côté sur son front, alors qu'une autre, piercing au sourcil, rentre dans l'échange pour affirmer : "si, si t'as raison c'est trop beau un piercing à cet endroit fais le c'est trop beau jte jure".
Un peu plus loin, deux bimbos, un portable diffusant un truc sensé être musical, trémoussent leurs derrières sous le nez des gars assis par terre. Les gars parlent peu. ils se lèvent, changent de groupe, bisent les filles, leur piquent leur bonnet (putain merde tu fais chier tu vas l'agrandir avec ta grosse tête, rends le moi ou jte défonce le crâne se défend la belle), fouillent dans leur sac à main, quémandent des clopes. Sur ma droite une fille fait l'horrifiée parce qu'elle vient d'apprendre qu'un mec sort avec Jasmine.
"Non? C'est pas vrai, tu déconnes!"
"Si si jte jure, d'ailleurs regarde, il est là bas avec elle en train de l'embrasser"
"Mais ce mec il est sorti avec toute la famille de Jasmine, comment elle fait, même moi il m'a bavé dessus, je suis dégoûtée d'ailleurs qu'il m'ait bavé dessus et puis qu'après il sorte avec cette naine!"
Je ne sais pas si c'est l'effet d'avoir toujours un portable ou du son collé aux oreilles mais je constate que le volume sonore des échanges atteint un degré de décibels hallucinant.
Alors que je suis en train de me dire avec un étonnement éléphantesque que j'ai été prof de ce type d'élèves il n'y a pas si longtemps, j'en déduis que ce devait être dans une autre vie. Je réalise que je préférerai mourir, poignardée là tout de suite et souffrir mille morts plutôt que de reprendre cet ancien boulot. Je ne ressens aucune affection pour ces jeunes autour de moi et ce constat me terrifie parce qu'il me renvoie une image de "vieille conne réac" que je critiquais autrefois, lorsque je les aimais tant ces jeunes que j'aurai donné ma chemise et toute mon énergie pour eux....
Puis ma fille sort, minuscule avec une copine toute aussi petite. Elle n'a pas de clope au bec, elle n'est pas en train de raconter qu'elle était "déchirée grave" hier, elle me sourit, apparemment contente de me voir là, complétement décalée, une ovni de maman sur la planète collège et j'ai une bouffée de bonheur et je me dis qu'il faut que j'en profite, profite à fond parce que cela ne durera sans doute pas cette innocence!
Alors je l'embrasse très fort et je lui demande : "ça va ma princesse?"
Elle me répond toute fière "ça y est, j'ai mon premier DM!"
Et oui, tu grandis quand même ma fille! pense-je un petit serrement au coeur.....

mardi 11 octobre 2011

Papotage devant un camion

Ce soir, je rentrai de mon activité adorée dont je vous parlerai surement une autre fois (j'aime bien entretenir le suspens comme ça....), tard, puisque la nuit avait déjà chuté dans les chaumières et ailleurs (quoi qu'avec la lune pleine demain il y a quand même une lumière qui troue le noir de la nuit mais bon bref je m'égare...), lorsqu'à deux pas de chez moi je passai devant un camion. Il y avait de la lumière, des gens qui papotaient devant et pour couronner la scène, cela fleurait bon, une sorte de parfum méditerranéen à emporter votre dernière réticence à vous arrêter (parce que quand même c'était l"heure du feuilleton quotidien ou peut-être enfin Adrianna va avouer à ses proches qu'elle n'a plus que un mois à vivre, constat qui en moi évoque certes de la tristesse mais aussi je dois bien l'avouer un certain soulagement puisque je préférai mille fois Luna à Adrianna!).

Me voilà donc stoppant ma voiture à proximité du dit camion ce qui ne manqua pas de soulever maints commentaires de la part des gens là assemblés.

Ici, bien que vous commencez surement à avoir marre des parenthèses, je suis obligée de marquer un temps d'arrêt dans cette palpitante histoire pour vous préciser que ma voiture ne ressemble à aucune autre. Si, si....Déjà le modèle est peu courant (heureusement d'ailleurs parce que c'est une vraie merde cette voiture), puis la couleur l'est encore moins, flashy comme vous ne pouvez l'imaginer et comme si tout cela n'était déjà pas suffisant, elle possède sur ses ailes arrières d'énormes stickers de fleurs de lotus. Sans parler de la publicité décrivant ma nouvelle activité sur mon pare brise et sur les portières arrières!

Alors forcément, si je m'arrête devant des gens, la plupart du temps, les commentaires fusent. Me voilà dons, pas dégonflée pour deux sous (après on ne s'étonnera pas du culot de ma fille décrit précédemment), en train de distribuer des cartes de visite. On ne sait jamais, j'en ai toujours sur moi. Là dessus, un monsieur me dit : "moi ce n'est pas la peine, je suis votre voisin". Je réfléchis à toute birzingue mais j'avoue que depuis un an tout juste que j'habite ce charmant village j'ai réussi à parler aux voisins de droite, aux voisins de gauche mais en face décalé d'une maison ce voisin là ne me dit rien.
"On s'est déjà vu donc?" tente -je à tout hasard
"En tout cas, moi je vous ai déjà vue, oui, je vous reconnais..."
C'est quand même incroyable qu'un camion garé dans un village me permette de percuter mes voisins! Comme quoi j'ai bien fait de m'arrêter pensai-je en mon for intérieur pendant que mon for extérieur sortait le porte-monnaie pour payer les pizzas francomtoise et olivier, toutes chaudes provenant du camion....

lundi 10 octobre 2011

conference

Aujourd'hui j'ai assisté à une conférence sur le thème de "l'accueil et la séparation" par Joël Clerget . J'y allais parce que mon nouveau métier m'entraîne à faire de l'accompagnement parental....
Accueillir un enfant dans notre corps par nos gestes, nos actes qui se donnent avec l'autre ET dans la parole en tant que petit enfant "humain" qui porte en lui la promesse de la parole.

Accueillir un enfant supposerait aussi être capable de se mettre "en place d'enfant" (ce qui est très différent de "se mettre à la place" de l'enfant) c'est à dire garder dans notre coeur la possibilité de se rappeler qu'on a été enfant avec une force, une puissance une vitalité d'enfant.


Entendre qu'il ne peut y avoir séparation s'il n'y a pas eu "lien" constitué, c'est à dire un lien vivant qui s'est ouvert à la relation (sans alienation), lien qui reconnaît une rencontre de deux individus distincts. Comprendre les paroles de Donald Wood Winicott lorsqu'il dit : "un bébé peut être seul quand il a acquis la possibilité de continuer d'exister en dehors de la présence de l'autre". Il a reçu assez de présence qui lui permet l'absence.Le langage psychanalitique est ardu et des choses m'ont échappé....

Ce genre de reflexion renvoie toujours à sa propre histoire, enfant et adulte.
Et je me pose la fatidique question : puis je, moi en tant qu'adulte, avoir la possibilité d'exister hors de la présence d'un autre?

Ce blog par exemple en tant qu'objet lu par d'autres n'a t il pas pour mission de me sentir exister?

jeudi 6 octobre 2011

Il parait que c'est la crise

Mardi dernier, j'ai annulé une activité. Il faisait beau et je n'avais pas vraiment d'excuse si ce n'est de me sentir exténuée et de me surprendre à écouter et respecter les signaux d'alerte que m'envoyaient tous mes gyrophares corporels. Je suis donc courageusement allée voir le prof de cette activité dont je parlerai peut-être une autre fois (pas du prof non, mais de l'activité) et les yeux dans les yeux, je lui ai dit :
"ce soir je ne viendrai pas".
Il a levé les sourcils, ébauché un sourire comme s'il voulait dire quelque chose puis s'est ravisé et très sérieusement, les yeux dans les yeux m'a répondu :
"d'accord".
Et je suis partie. C'est dingue comme les choses peuvent être simples parfois!
Alors sur le chemin du retour, j'ai écouté mon envie de m'arrêter dans un magasin de déco pour essayer de trouver un cadeau pour une personne ou deux nées en octobre. Intriguée par des palissades qui coupaient le magasin en deux, je me suis approchée et j'ai glissé un oeil entre deux bouts de bois pour découvrir avec STUPEFACTION toutes les décorations de Noêl rutilantes prêtes à s'exposer à nos yeux.

Le 4 octobre!!!! Noël à nos portes?

Que se passe t il?

Moins les gens ont de sous, plus on les incite à acheter avant l'heure!

On ne va quand même pas acheter nos guirlandes maintenant et nos oeufs de Pâques en décembre!

Ma fatigue a atteint soudain son seuil d'alerte....

Je suis allée me coucher.

mercredi 5 octobre 2011

Mais, maman, on me connaît!

Ma fille est incroyable!

Et ce n'est pas parce que c'est ma fille que je dis ça! ......Enfin si aussi, mais bon.....

L'autre jour, elle revient du collège en me disant: "maman il m'est arrivé un drôle de truc dans le bus aujourd'hui" . Je laisse instantanément les tâches en cours, afin de porter une oreille attentive à la suite, curieuse et inquiète à la fois sur ce drôle de truc.
"Un monsieur a voulu voir ma carte de bus".
" oui, c'est normal ma fille, c'est un controleur qui vérifie que les enfants ont bien leur carte de transport. Alors tu lui as montré et tu l'as bien rangée après?"
" .....Non, je n'ai pas pu lui montrer parce que je l'avais enlevée de mon cartable".
"Mais pourquoi?"
" Ben parce que le chauffeur de bus il me connaît maintenant, je n'ai plus besoin de l'avoir!"

Un autre jour, je reçois un coup de fil de la "vie scolaire" du collège de Mademoiselle mais comme je n'étais pas disponible, un message fut laissé sur mon répondeur.
"Bonjour, c'est la vie scolaire du collège machin, je vous appelle de la part de C pour vous informer qu'elle ne finira pas à midi mais à 15H aujourd'hui, contrairement à ce qu'elle vous avait annoncé."
la semaine précédente, ce même monsieur de la vie scolaire m'avait aussi laissé un message pour me dire que ma fille avait oublié les clés de son casier à la maison et que ce serait bien si je pouvais les lui rapporter!"

Quand j'explique à C que, quand même, la vie scolaire ne peut pas lui servir de secrétariat personnel et qu'ils ont d'autres chats à fouetter qu'elle, elle ne se démonte pas et me répond : "Mais ils me connaissent, maman, ils savent que je suis tête en l'air, cela ne les dérange pas du tout!"

Avec son année et demie d'avance, elle a une tête de moins que tous les autres sixièmes. Elle est arrivée en classe à horaire aménagé musique dans ce collège qui n'était pas son collège de secteur, dans une classe où elle ne connaissait absolument personne mais cela ne l'a pas empêchée, le premier matin de la rentrée, lorsque sa prof principale a demandé s'il y avait des volontaires pour être délégué de classe provisoire de lever la main et de se faire donc tout de suite remarquer.
"Comme ça, maman, tout le monde me connaît!"

Ben oui ma fille, ça, on peut dire que tu excelles dans l'art de te faire connaître!

dimanche 2 octobre 2011

errance bucolique

J'apprécie toujours le début automnal. Les jours sont encore chauds et ensoleillés, ce qui nous permet de profiter encore de nos tenues estivales mais les petits matins sont frais, voire brumeux dans notre région et l'humidité se fait sentir dès la fin d'après midi. Les bois exhalent leur parfum d'humus cher à mes narines, et on calcule le moment pour flâner sur les sentiers forestiers sans danger de frôler une balle de chevrotine puisque la chasse a repris....
On se surprend à rêver d'une bonne flambée de cheminée sauf qu'on en a pas alors on pense "dommage" puis on ramasse un joli gland de chêne et on y pense plus.
Le chien court devant nous et on admire son pelage roux si harmonieusement assorti aux feuilles d'octobre. Puis on rentre, et on reste le regard vague devant une tasse de thé fumant, pendant que les enfants entreprennent de réaliser un gâteau.
C'est la douce torpeur d'un dimanche automnal tranquille, comme je ne les vivais pas lorsque j'étais enfant des villes.

jeudi 29 septembre 2011

memories

Parce que je ne peux m'empêcher de le faire même si je ne "devrai" pas, je compare la réaction de cet homme quitté avec celle des autres hommes (bon il n'y en a pas 36 non plus...) dans une situation semblable.
Celle de Marti par exemple, mon homme emporté par la faucheuse implacable.
Oui, après six mois de relation suivie et des grandes vacances passées ensemble, j'avais rompu. Il me semblait que mes responsabilités de mère de trois enfants seraient toujours à des millions d'années lumière de son côté adolescent, libre et indépendant. Bref.
Nous étions mi aout lorsque nous avons eu cette grande conversation qui aboutissait à un stop que je pensais être définitif. Cependant, Marti a conclu en m'affirmant que je pourrai toujours compter sur lui. Il avait vite calculé que nous étions sensés rentrer ensemble de l'aéroport de Lyon et que puisqu'il rentrait plus tôt, il n'y aurait pas de voiture pour moi et les enfants. Il m' a donc dit que si je ne trouvais pas d'autres solutions, cela ne le dérangeait pas du tout d'aller nous chercher.
Et c'est ce qu'il a fait.

Il était à l'arrivée de l'avion, en jean, chemisette, rasé de près. Il a pris ma valise, m'a ouvert la portière de sa belle toyota supra, lavée pour l'occasion.
Dans la voiture, nous n'avons pas trop parlé. Dans ma tête un monologue intérieur me sommait de reconnaître que je pouvais compter sur cet homme même après l'avoir quitté et qu'on ne pouvait pas en dire autant des 99% des autres mecs sur cette terre!

Voilà. A l'arrivée je ne me souviens plus si nous avons bu un café ou un rafraichissement ensemble mais il m"a demandé s'il pouvait m'appeler de temps en temps pour "prendre des nouvelles".
Comme je ne m'y étais pas opposée, c'est ce qu'il a fait, il a "pris des nouvelles" une fois par semaine. Un week end, un de ses coups de fil m'a surpris en forêt. J'étais avec une amie, en train de chercher des champignons, ce devait être autour du 15 septembre. Je lui ai demandé ce que disaient ses copains de notre séparation.
"Un ou deux semblaient plutôt soulagés (même s'il n'a jamais voulu rapporter leur nom je sais bien qui c'est...) mais la plupart sont déçus parce qu'ils pensaient que cela se terminerait par un mariage"
..............................................

Un mariage ? ai je crié dans la forêt et ce cri de surprise est allé se percuter contre les troncs des grands chênes qui me cernaient. J'étais dans un état de surprise incommensurable.

1 Parce qu'on puisse parler mariage au bout de six mois me semblait quand même hyper prématuré (maintenant avec ce qui m'est arrivée récemment, je me dis que quelque chose en moi doit inspirer ça, les demandes en mariages qui battent des records de vitesse!)

2 Parce que l'idée que tous ces motards machos et célibataires pour la plupart aient ce mot en bouche me paraissait surréaliste !

3 Parce que le fait qu'il me le répète sous entendait qu'il l'avait lui même envisagé, ce qui me clouait sur place au milieu des champignons....

Ce jour là, j'étais rentrée mon panier vide mais la tête pleine de doutes et de questions en suspens.

Fin septembre il m'a rappelée pour me demander s'il pouvait venir le jour de l'anniversaire de mon troisième parce qu'il avait un cadeau pour lui.

Voilà Marti, il m'emmenait de surprises en surprises.

Le jour j, il a sonné. Je lui ai ouvert. Je me suis trouvée face à un énorme carton et submergée par le parfum allure de Channel qui me rendait dingue. Je me suis retenue de lui sauter dans les bras.
Derrière le carton, il était en jean, gros ceinturon et tee shirt blanc, sexy, viril comme j'aimais.

Il a posé le carton au sol de la grande salle et mon gamin sautait de joie autour et trépignait d'impatience de l'ouvrir. Cela lui a pris du temps, dans chaque carton il y avait un "faux cadeau", un truc drôle et un autre carton à ouvrir. Au final, je ne me souviens plus quel avait été le "vrai cadeau" à l'intérieur du dernier carton, sans doute un Gi jo un bonhomme en plastique guerrier que le fiston adorait. Mais ce dont je me souviens, c'est que cela avait été un super moment.

En repartant, il m'a remis une lettre "à lire plus tard, tranquillement" . C'était une très belle et longue lettre d'amour qui a fait voler en éclat mes dernières appréhensions. Le mois qui suivit, on s'installait ensemble. A Pâques, nous partions en amoureux en Italie où nous avons conçu notre petite princesse et en août, soit un an pile après notre rupture, nous nous sommes mariés.

Ca, c'était de l'amour. Une reconquête en bonne et due forme. Un homme qui n'a pas baissé les bras, qui a tenté l'impossible parce que dans sa tête il ne doutait pas une seconde de notre histoire!

Alors je vais rester sur ces souvenirs là parce qu'ils font du bien.

mercredi 28 septembre 2011

L'épreuve de la cohabitation

Dans les épreuves, la famille est un mot qui prend tout son sens.
Bertrand (bon, il ne s'appelle pas comme ça mais je ne vais pas donner son vrai nom, ok) par exemple doit surement aller beaucoup dans la sienne (qui est géographiquement assez proche) puisqu'il rapporte régulièrement des tupperwares de petits plats cuisinés pour lui. Ce que je ne peux pas vraiment faire compte tenu des 500kms qui me sépare de la mienne (puis de toutes façons maman n'aime pas trop cuisiner!).

Oui, nous mangeons séparément, chacun son frigo, chacun son étagère alimentaire, voire chacun sa table (heureusement que la maison est suffisamment grande pour cela). Monsieur s'est même racheté une cafetière électrique, un lave linge et surtout des couverts parce que j'avais beau en avoir trois tiroirs de couteaux, fourchettes et cuillères, vous comprenez que le simple fait qu'ils soient à moi les rendaient inutilisables à Bertrand. On ne partage que les poêles, casseroles et l'évier.

La cohabitation est donc étrange. Il rentre le soir, passe à côté de nous en chantonnant ou sifflant (cette bonne humeur affichée nous fait sourire, c'est déjà ça) ou tout simplement muet, le matin idem, sans aucun bonjour il prépare son petit déjeuner. J'ai bien essayé de dire qu'échanger deux trois politesses ne serait pas contraire à la gestion de notre séparation mais je me suis fait traiter de donneuse de leçons....

Alors moi non plus, je ne lui dis plus bonjour, ni au revoir,
ni merde d'ailleurs, bien que l'envie me démange....

Rapprochement familial. Je réalise qu'on ne peut même pas dire que nous étions une "famille recomposée". Si c'était le cas les relations entre mes enfants et lui ne seraient pas réduites à néant, n'est ce pas? On a rien recomposé du tout, ce n'était qu'une petite couche superficielle de je ne sais quoi....

Mes enfants sont encore plus proches entre eux qu'avant. On se serre les coudes. On garde ensemble la tête haute. J'écris tout cela parce que c'est une façon d'extérioriser ma culpabilité de leur avoir fait subir cet espoir de "recomposition" et de me sentir impuissante à les protéger aujourd'hui de cette ambiance destructrice. Je m'en veux même si cela ne sert pas à grand chose de l'écrire et de me le répéter en boucle dans ma tête.

Qu'enregistrent ils dans leur tête d'enfant et d'adolescents sur ce que sont les relations humaines, sur ce qu'on croit être de l'amour, sur quelles certitudes construiront ils leur histoire future?
J'ai participé à ce manque de confiance qui les habitera désormais et c'est la première fois de ma vie que je ne me trouve pas de raison de ne pas regretter le passé : la rencontre, le mariage, la vie en commun, tout ça ce serait à refaire eh bien....JE NE LE RE FERAI PAS!

Désolée de ne pas arriver à me montrer plus positive....

les nouveaux bébés

Les enfants sont hyper actifs?
ILs ont du mal à concentrer leur attention plus de cinq minutes?
Ce phénomène m'intrigue....
L'autre jour, je discutais avec une maman d'une petite fille agée de trois mois. Nous parlions du déroulement de la journée. Cette maman se sentait débordée par ce premier bébé, ne supportait pas de l'entendre pleurer que dis je même pas pleurer juste émettre un petit chougnement. Au moindre signe, elle le mettais au sein. Je l'écoutais me raconter tout ça. Puis je lui ai demandé comment elle faisait pour avoir le temps de prendre un peu soin d'elle, la douche, la cuisine....Alors avec n grand sourire elle m'a confié qu'elle avait trouvé un truc génial qui plaisiat beaucoup à sa fille et lui permettait à elle de souffler régulièrement dans la journée.
Ce truc génial c'est......LES CLIPS DE M6!!!!
Peur d'avoir mal compris, je lui ai fait répéter:
"Vous voulez dire que vous mettez votre bébé dans un transat devant les clips de M6?"
"Oui, oui, elle adore!"
..................................
Alors je me demande aujourd'hui combien de mamans (ou de nounous) utilisent cette solution et si par hasard....Il n'y aurait pas un rapport entre la difficulté de concentration de cette génération et les bébés nourris encéphaliquement aux images trombinoscopes des clips!

Allez savoir!

Dans le genre plus grave je vous invite à lire cet article d'uun blogueur que je suis assiduement:
http://queerasfist.com/post/2011/08/08/Bebe-Orangina

mardi 27 septembre 2011

Bien commencer sa journée

Alors on danse?
Alors on chante?
C'est ce que je fais tous les matins sur ce tube

lundi 26 septembre 2011

ma première soirée en célibataire

Je suis arrivée en retard, volontairement bien sûr.


La stratégie basée sur l’idée qu’après deux ou trois verres, les gens me poseraient moins de questionS ….J’étais vêtue d’un pantalon épais à coupe large, couleur terre rappelant un style tibétain et d’un tee shirt échancré plutôt kaki avec un gilet argentin. En guise de sac à main je portais juste une petite pochette cuir coloré à majorité d’ocres à fermeture éclair et bandoulière tressée. Je me sentais bien dans cette tenue non apprêtée confortable au style terrien et ouvert sur le monde, heureuse de ne pas me sentir obligée d’enfiler un truc sexy pour mon mec ou dans un objectif de plaire.

Je savais qu’il y aurait de tout, point de vue vestimentaire compte tenu de l’hétérogénéité des invités. En arrivant je ne fus pas détrompée. Cela passait du short sandale au pantalon à coupe chemise pour les gars et robes légères, jean ou toiles moulants pour la gente féminine. A mon soulagement, mon style personnel ne se retrouvait pas dans les tenues de cette soirée. Nos hôtes, Fanny et Jérémy, qui fêtaient leur cinq années de mariage après vingt ans de vie commune resplendissaient de bonheur, comme d’habitude. Un très beau couple, physiquement, mentalement et par l’aura positive qu’ils dégageaient. C’était toujours un grand plaisir de venir chez eux !

J’ai embrassé les différents convives (tous en couple !) en veillant à garder affiché mon sourire sur les lèvres et un enthousiasme sans faille pour dire que tout allait parfaitement bien dans le meilleur des mondes pour moi en ce moment. J’ai continué mon tour de bisous avant qu’ils n’aient le temps de s’étonner de l’absence de Bertrand.


J’ai constaté d’un rapide coup d’œil vers les tables que nous étions placés, ce qui m’évitait de me demander pendant encore une heure ou deux qui il serait le plus judicieux de choisir comme voisins !

Alors que nous nous apprêtions à passer un table un couple de connaissance est passé près de moi et a fait la réflexion fatidique … « Je n’ai pas encore vu Bertrand, il est là ? »

« Non, vous ne le verrez pas ce soir ni d’autres soirs d’ailleurs puisque je le quitte » « Merde » s’est elle exclamée, l’air catastrophée, sans que je sache si cela était par compassion pour moi ou par peur d’une célibataire à la même soirée que son mari. De toute façon je pense que tout le monde ici savait ce qu’il en était de ma situation et qu’ils jouaient le jeu de ceux qui ne se doutaient de rien à la perfection.

Nous nous sommes tous assis sagement à nos places. Je me retrouvais en bout de table. Sentant le regard d’une convive que je ne connaissais pas placée non loin de moi, je répondis à ce que je pensais être sa question muette par un « Ils m’ont placée là parce que je suis la plus vieille », ce à quoi tac au tac cette délicieuse jeunette blonde m’a répondu avec un sourire sadique:
« non c’est parce que t’es seule et qu’ils ne savaient pas où te foutre ! »

Charmante cette jeune personne !

Mais elle avait raison la blonde. Au bout, tout au bout de la longue longue table se trouvait Caroline l’éternelle célibataire du groupe, plus toute jeunette non plus alors que chaque couple se faisait face de chaque côté de la table.

Je décidais d’assumer !

La vieille célibataire que j’étais allait leur montrer qu’elle avait encore du jus dans les veines. Le buffet froid tardait à se mettre en place. Il faut dire que nos hôtes découvraient leurs cadeaux, une smartbox relais et château de 3 jours, 2 nuits et des soins du corps pour le couple en amoureux dans un institut réputé sur Chalon. Heureux comme tout, ils avaient décidé d’embrasser chacun de leur invité à tour de rôle. Une fois bisés, les fumeurs s’étaient relevés pour sortir s’enfourner leur petite dose régulière de goudrons et de nicotine et l’animateur attitré de la soirée en a profité pour remettre des slows de derrière les fagots.

Mon voisin de gauche s’était levé pour chanter à tue-tête les paroles de l’été indien au milieu de la salle et sa femme ma voisine de droite, déjà complètement ivre, palpait les morceaux de pain placés dans un grand sac en papier en clamant qu’elle aimait rien tant que « tâter les boules » avant d’en distribuer une dans chacune des assiettes. Mue par une inspiration soudaine, je me suis levée, ai foncé sur ma copine Patricia qui avait l’air de s’ennuyer ferme et je l’ai invitée à danser ce vieux slow des familles. Sur la piste je l’enlaçais collée en lui mettant une main aux fesses, après lui avoir demandé préalablement si cela ne la dérangeait pas. Les photographes ont immortalisé la scène, le mec de mon amie n’a pas crié au scandale et la petite blondasse ne m’a plus fait de réflexion jusqu’à la fin de la soirée, c'était toujours ça de gagné!

J'ai papoté avec les uns et les autres, sensation d'être vivante, impression d'être "normale". J'ai dansé, expression de mon corps débordant d'énergie à moins que cela ne soit autre chose. Un homme marié m'a invité à danser un rock, moment qui m'a replongée vingt ans en arrière du temps ou on dansait le rock systématiquement en couple dans les soirée et c'était bien!


J'ai bu mais pas trop. Juste ce qui faut pour être "dans le coup"

Soirée délicieuse et qui m’a permis de mettre tout le monde officiellement au parfum de ma nouvelle situation familiale et d'oublier momentanément le quotidien difficile du moment, mes amis merci!

dimanche 25 septembre 2011

Ce n'était pas de l'amour

Ce n'était pas de l'amour,

Non, c'était une relation à bénéfices réciproques.
Non, ce n'était pas de l'amour!
Qu'il ne vienne pas me dire le contraire.
L'amour je crois que je sais ce que c'est.
Enfin j'ai su....
Maintenant que notre relation est devenue un cloaque quotidien,
J'ai un haut le coeur permanent pour les relations homme/femme.
On croit avoir rencontré un docteur Jekill et on découvre petit à petit un mister hyde....
Puis on ne voit plus que le mister Hyde.....
Alors on se bénit dix fois chaque matin pour avoir pris la bonne décision!
On se recentre sur l'essentiel.
On se surprend à sourire de cette paix intérieure retrouvée.

On regarde cet étranger avec étonnement. Que lui avais je trouvé? Qu'est ce qu'une relation qui ne dépasse pas l'année? Ca s'appelle comment? Une erreur?

Je suis fière de ne pas me laisser attacher, lier par ce qui ne convient pas.
Je suis libre. (Bizarre en y repensant le poème que ma marraine visionnaire m'avait dédié le jour de ce mariage...)
Je préfère la lutte, la difficulté, l'échec aux compromissions destructrices.

Certaines me disent : "Comment fais tu?" "Où trouves tu l'energie? vingt fois sur le métier de remettre l'ouvrage, où puises tu cette sorte de foi?"

L'amour de la Vie, peut-être.... Avec ses surprises, ses rebondissements, ce qu'elle nous apprend sur nous même et sur les autres. Pas de retour en arrière. J'avance avec confiance sur ce nouveau chemin et je verrai bien.....
Je ne dis pas que c'est facile,
encore moins confortable.
C'est peut-être une sorte de folie.....

Une rencontre

J'avais un rendez-vous massage à 14h.
Je l'ai vue arriver sur un scooter.
Elle s'est trouvée devant moi, le sourire aux lèvres et quelque chose s'est passé sans que je puisse l'expliquer. Durant l'entretien qui précède chaque massage, elle m'apprend qu'elle est sous traitement de substitution à l'héroîne. Je lance "métadone?" et je sens sa surprise. Oui c'est cela, me dit elle. Elle ne peut pas savoir qu'au même âge qu'elle, j'ai vécu plusieurs mois avec une toxico et que ma vie se résumait alors à la surveiller sans cesse et courir les pharmacie pour me procurer cette précieuse métadone!
Je ne lui pose pas la question du Sida. Je suis bien placée pour savoir que même si elle l'a (ma co locataire l'avait), je ne risque aucunement de l'attraper en la massant. Elle me dit ses problèmes de santé liés au reste. Puis je m'applique à lui faire du bien, pendant une heure.
Arrivée à son poignet gauche, mon regard est scotché par un petit bracelet en macramé....
Dans mon esprit s'impose une évidence : elle connaît surement mon grand, celui qui vadrouille en Argentine. J'essaie de chasser cette pensée. Je me concentre sur mes gestes.
A la fin, elle me dit merci.
Nous nous retrouvons assise l'une en face de l'autre et je me permets de lui demander son année de naissance. Deux ans de plus... Je continue quand même : " connaissez vous "t" et "c"? Elle ouvre des yeux comme des soucoupes! Oui souffle t elle tout bas.
Je suis la mère de "G"
"Celui qui est en Argentine?"
"Oui"
Alors elle devient bavarde, me parle des uns, des autres, me raconte que c'était le bon temps, ces moments où elle partait sur les routes avec ses chiens, libre si libre....
Puis elle se rembrunit et reconnait que non, elle n'était pas si libre puisqu'elle était dépendante. Elle dit qu'elle aurait aimé pouvoir être comme ces jeunes qui frôlent les substances sans jamais tomber dedans....
Elle me parle de sa mère, de son combat pour l'aider elle, et en un éclair je vois ce à quoi j'ai échappé!
C'était une rencontre improbable comme il y en a parfois. Elles me rappellent que oui la vie est encore souvent une lutte pour nous autres humains!

jeudi 25 août 2011

ETRE MERE

Avec mes quatre loustics, j'ai eu maintes fois l'occasion de réfléchir à ce qu'être mère implique d'amour, de peurs et de sacrifices, mais on continue d'apprendre tout au long de la vie de nos enfants. Cet été 2011, j'ai découvert une autre facette de cet incroyable état de mère

car

Je suis revenue d’Argentine. Durant trois semaines j’ai suivi mon aîné sur les pistes caillouteuses, les chemins de randonnées, les comédores et les auberges de jeunesse, moi qui ne le suis plus vraiment.

Je l’ai regardé vivre, papoter avec des gens dans cette langue que je ne maîtrise pas, jouer de la guitare, mâcher des feuilles de coca, faire du macramé, vendre son macramé au détour des rencontres, traire des chèvres, faire la cuisine, fumer tous les jours sa dernière clope, caresser les cheveux de sa Gigi, nous parler de ce pays qu’il aime tant, de sa musique, de ses coutumes. J’ai l’impression que le regarder a été ma principale occupation durant ces trois semaines.

Lui.

Lui en Argentine.

Accessoirement L’Argentine.

Je l’ai écouté sans broncher m’expliquer pourquoi il n’aurait pas de téléphone portable, pourquoi il n’aimait pas les mails. Je l’ai écouté me dire qu’il ne pouvait pas être et ailleurs. Je l’ai écouté me demander de le comprendre et de l’accepter.

« Mais si je meure, quelqu’un t’écrira un mail que tu liras peut-être des semaines après que j’ai été enterrée ! »

« Je sais, c’est comme ça »

L’amour d’une mère peut donc aller jusque-là ! Accepter que son fils aîné vive au bout du monde sans aucun moyen de le contacter rapidement, qu’il ne donne des nouvelles qu’une fois de temps en temps par le biais d’un mail très court, se résumant généralement à l’essentiel : tout va bien, je suis heureux. Accepter de partir sans savoir si on va le revoir et si oui, quand ?

Oui, tiens.....Être mère c'est AUSSI cela.......

vendredi 15 juillet 2011

Quand la faucheuse fauche ceux qu'elle devrait pas, merde!

Voilà.
Elle a encore frappé un jeune de 21 ans. Ce fameux soir de tempête ou ici, les mobiliers de jardin volaient contre les volets, heureusement fermés....
Il rentrait chez lui. Oh il était presque arrivé!
Il devait reprendre le boulot le lendemain.
Il est resté dans le fossé, la tête de travers...A cause des tonneaux.... A cause de la ceinture détachée aussi sans doute....
Il était seul dans sa voiture.
Ce qui fait qu'on manque de détail.
Ce jeune, ça fait des années que je le connais.
C'est un ami de mon fils. Celui qui a le même âge.
Celui à qui c'aurait pu arriver.
Jérémy, c'est son nom.
Il venait parfois à la maison.
mais il partageait surtout un grand nombre de soirées festives extérieures avec mon fils.
Alors forcément le fiston est revenu de vacances.
Alors forcément le fiston c'est un zombi.
Il oublie de manger, de dormir....
Il pleure toute la journée.
Il pleure sur l'injustice de cette satanée vie.
Cette mort lui en rappelle surement une autre.
Toutes les douleurs se ressemblent, se rejoignent, se réactivent l'une, l'autre.
Du coup, pour moi aussi c'est dur, forcément....

Les jeunes se regroupent.
Ils restent collés les uns aux autres toute la journée, comme pour dresser un mur de leurs corps serrés. Un mur contre la souffrance. Un mur contre l'injustice. Contre l'indicible.
Ils postent des tas d'émotions sur facebook avec plein de photos de leur ami disparu.
Du coup même les jeunes qui ne connaissaient pas Jérémy, se mettent à le connaître et à le pleurer aussi. Ils sont plus "exposés" nos jeunes. La douleur se répand comme une traînée de poudre.
Les parents reçoivent de témoignages de soutien d'une foule de jeunes, dont ils ne soupçonnaient même pas l'existence!
Remarque ça, ça doit être réconfortant. Sentir l'empathie des gens, c'est ce dont j'avais le plus besoin, moi lors de mon deuil à moi.
Les parents de Jérémy aussi semble t il puisqu'ils ont fait passer le message qu'ils avaient besoin de voir les amis de Jérémy chez eux.
Alors ils y vont.
Collés en un essaim solidaire.

La cérémonie et l'enterrement c'est demain. Je déteste ça mais j'irai. Parce que je me souviens que j'avais eu besoin de sentir une grande foule pour le dernier au revoir à mon mari parti.
Même si je ne me souviens pas de grand chose, même si c'est un truc qu'on m' a peut être dit par la suite : "tu sais l'église était pleine à craquer! il y avait plein de gens dehors et tout ça dans un silence...Surréaliste" Oui c'est le genre de paroles dont je me souviens. Avec l'idée qu'elles engrainaient dans mon cerveau : "tout le monde l'aimait et ils étaient tous venus lui dire adieu et nous soutenir..."

Alors j'irai.
Puis je me ferai abeille pour me coller un peu à l'essaim de jeunes...Comme ça, ça sera moins dur!

lundi 11 juillet 2011

Rejoindre mon fils

Il est parti (voir le billet du 1er novembre).
Et maintenant nous sommes cinq à le rejoindre...
Je suis prête. Mon sac à dos est bouclé. Celui de mes deux enfants aussi.
A part mon gratouillage compulsif du dessus de mon pied, signe d'un grand stress, on peut dire que tout est normal. Je travaille l'idée du lâché prise. Tout un programme pour l'obsessionnelle de l'organisation que je suis.
J'aborde ce voyage à la fois comme une épreuve et un grand moment de joie et de partage.
Un peu comme un chemin de compostelle version Argentine...
Je vais à la rencontre de ce fils qui m'a fui.
Je sais qu'il est nécessaire que je me déleste d'un certains nombre de choses qu'il n'aime pas . J'essaye d'aller vers lui, la plus ....neutre possible...Sans savoir si je vais y arrriver.
Je vais à la rencontre de mon intimité profonde enfouie sous les couches de ma superficialité...
Reconnaissons que je ne sais pas où je vais en fait, dans tous les sens du terme. Je sais juste que je vais.
Je suis déjà sur le chemin....

C''est un voyage pas comme les autres
Nous rejoignons celui qui est parti
L'aîné des enfants.
Il a ouvert la voie.
Nous n'avons plus qu' à emboîter ses pas,
Ouvrir les yeux, le nez, les oreilles,
Goûter une autre vie
avec confiance.....

vendredi 1 avril 2011

écrire?


Je pratique un nouveau métier.
Bientôt deux ans que je ne suis plus "prof". J'ai certains anciens élèves comme "client" , bien que j'exècre ce mot mais c'est celui qui convient le mieux à la situation semble t il.
C'est une activité étrange pour une lutteuse puisqu'il consiste (si l'on résume) à communiquer aux gens qu'il sont "aimables" grâce à mes mains....Les gens viennent à moi. Ils téléphonent, ils prennent rendez-vous. Parce qu'ils ont entendu parler de mes mains, ou parce qu'ils essaient systématiquement toutes les professionnelles de ce type.
Ils se trouvent des raisons d'être venus là : ils ont des tensions musculaires, en ont plein le dos, ont besoin de lâcher prise, faire le plein d'énergie.....etc...
Moi je sais que tous ces mots, toutes ces raisons sont de fausses excuses. En fait ces gens sont comme moi, toi, vous, comme tout le monde quoi! Ils ont besoin de mettre leur corps entre des mains qui vont leur prouver qu'ils ont de la valeur. Ils viennent "être aimés" en quelque sorte....Et mes mains se mettent en mouvement comme déconnectées de mon cerveau, comme si elles avaient une vie propre, qu'elles communiquaient leur propre langage, elles vont écouter ces corps, entendre leurs cris muets et y répondre dans une alchimie magique!
A la fin lorsque doucement, tout doucement, elles lâchent le contact et qu'elles viennent se poser dociles, sur mes genoux, je les regarde comme des étrangères mais elles ne bougent plus, se rendent soumises pour que mon cerveau les apprivoise de nouveau. Pendant une heure, elles m'ont échappée, ont vécu leur propre vie mais là, elles me reviennent à moi seule. Je me sens épuisée, vidée, comme si elles m'avaient volé ma vitalité, l'essence même de ma vie, l'espace d'une heure.
Le corps de l'autre côté, lui aussi reprend sa vie, remet la juste distance entre la propriétaire des mains et sa/son (souvent son il faut bien le dire...) propriétaire venu là s'abandonner à ces mains.
C'est étrange. C'est comme si chacun reprenait ce qui lui appartient, s'excusant presque, l'un de s'être laissé aller à ces mains là, l'autre d'avoir laissé ces mains glisser impunément sur ce corps étranger.
Bien sûr, au cas où ce texte serait ambigu, aucune connotation érotique ou pire sexuelle, dans ces mots là. Nous parlons presque "d'amour" même si ce mot semble incongru.
Je suis praticienne de Bien-être. Mon objectif est de faire du bien à des corps malmenés, à des âmes en souffrance, sachant que c'est le cas de 100% des êtres humains. Faire du bien par un langage non verbal. Faire du bien avec mes mains. Parce que tout le monde en a besoin.

Parce que ce métier me plaît!

lundi 1 novembre 2010

Nouveau départ pour certains

Il est reparti, le sourire aux lèvres, sa veste en velours cotelé beige sur le dos et sa grosse écharpe en laine trois fois enroulée autour de son long cou. Il est reparti parce que ses trop nombreux rêves ne tenaient plus dans sa tête alors il fallait bien les vivre!

Il est parti pour quelques mois en Amérique du sud ce fils aventurier et libre qui sait si bien repérer les chaînes à l'avance afin de ne pas se prendre les pieds dedans!

Moi, je reste là. Mes rêves ne prennent pas beaucoup de place sous mon crâne, c'est peut-être pour cela que je reste en place...
Comme les autres membres de la famille, j'ai de la chance. Le voyageur, dans sa grande générosité, nous a signé une procuration sur son compte onirique. Grâce à la magie de la toile, nous suivons son périple, suspendus à ses mots, ses émotions.
Le téléphone sonne:
"tu as eu des nouvelles de G? "
-Oui je viens d'en recevoir, il est à A....Je te transmets son mail.
Et voilà, tout le monde est un peu parti avec lui...

Publication de ses quelques mots griffonnés avant son départ:
"Plus de travail, plus de maison, plus de voiture, plus de carte bleue.J’aime ce dénuement total,Ce vide de vie enivrant.Là où certains y voient un échec social, je savoure aujourd’hui pleinement ma liberté retrouvée.Vive la jeunesse et son insouciance !Cela ne durera pas. Il est d’autant plus plaisant de profiter de cet état des choses et des situations éphémères.Je commence aujourd’hui ce voyage qui n’a pour but que de revenir à mon point de départ plus grand que je ne suis parti."

dimanche 26 septembre 2010

L'Indécision a une fin!

Trois mois que j'en dors plus correctement (je n'écris pas " j'en dors plus" parce que je suis une grosse dormeuse et il est vraiment très très rare que je ne dorme pas!) : que faire de cette maison?
La maison de Lui et moi, celle que nous avons choisie ensemble, qui regorge de tant de souvenirs. L'idée qu'elle soit investie par des étrangers m'est difficilement supportable. Cependant, à chaque fois que j'y vais, je me sens tellement mal....L'étrange sensation qu'elle me rejette, que tout me murmure : va t en, tu n'as plus rien à faire ici, tourne définitivement la page.
La louer?
C'est m'exposer à continuer de m'en occuper...Ce qui est au dessus de mes forces. Je ne supporte plus de ne plus la voir et ne supporte plus de la voir, quel dilemne! Cent fois j'ai changé d'avis en trois mois. Mais ça y est je me suis enfin décidée : je la vends. Pour ça, je la fais belle. Quelle drôle de situation de dépenser de l'argent et de l'énergie à embellir une maison que l'on vends! Refaire faire le jardin qui était à l'abandon depuis trois ans, changer quelques papiers peint, redonner une seconde vie au barbecue. Je déteste ce qui va suivre. Les visites....Les commentaires....Les négociations de marchand de tapis pour un lieu où tu as été si heureuse! J'aimerai ne pas connaître les futurs occupants, envoyer un émissaire traiter avec eux et signer à ma place chez le notaire.
Mais peut être que personne ne la voudra....Peut-être qu'elle restera là, seule, dressée comme un mausolé impénétrable, renfermant ses secrets jusqu'à sa ruine inéluctable, et moi impuissante je la regarderai sans plus vouloir la voir jusqu'à la fin....

samedi 21 août 2010

Signal d'alarme filial

En cette période estivale, les aînés partent sans maman, normal.... C ne se sépare jamais de son portable, ce qui est très rassurant pour ses proches et en particulier MOI puisque je sais que je PEUX le joindre (même si je me retiens de le faire compte tenu de mon fort désir de voir mes poussins indépendants du joug affectif maternel rapport à mon propre vécu dont je ne parlerai pas...). Mais l'aîné, beatnik sur les bords (en rejet de la société organisée et corrompue et contrel'esclavagisme du aux valeurs traditionnelles liées au matérialisme, l'hypocrisie, l'uniformité, la superficialité) a comme par hasard perdu son téléphone portable (une nième fois bien sûr...) la veille de son départ! "De toutes façons maman, va falloir t'habituer" "Oui mais si je dois te joindre de toute urgence?" (sous entendu : cause déces d'un proche, ce n'est pas que j'y pense de façon obsessionnelle mais bon...)" "eh bien tu m'enverras un mail!" J'étais restée sans voix et ce mutisme m'avais juste empêchée de lui demander l'adresse de ce dit mail inconnu...
Bref 3 semaines au portugal sans cordon ombilical d'aucune sorte....
Bizarrement j'ai réussi à ne pas y penser du tout. Je veux dire que bon, je pensais à lui, mais sans aucune angoisse particulière. Lorsque des gens bien intentionnés me demandaient des nouvelles, je répondais de façon très zen que "pas de nouvelle, donc bonnes nouvelles, tout devait aller très bien dans le meilleur du monde".
Mais le 19 août fin daprès midi je ressentis un besoin urgent, primitif et violent de l'entendre. Une sorte de signal d'alarme filial super fort! Nous étions pourtant en train de déménager le reste des affaires toujours en plan dans notre ancienne maison et franchement ce n'était pas le moment de tout laisser tomber pour chercher à trouver des numéros de portable de copains du fiston pour savoir s'ils avaient eu des nouvelles, EUX. c'est pourtant ce que j'ai fait. Après un temps de recherche important infructueux, je dus me résoudre à attendre. Mais ce fut une nuit d'insomnie et le lendemain j'en ai parlé en boucle: "je suis angoissée, je veux vraiment le joindre, comment je peux faire etc...."
Le soir même mon téléphone sonne et c'est LUI. Une voix normale. Appemment tout va bien. Il m'annonce qu'il rentre demain (aujourd'hui donc) et que ok il dînera avec nous.

Ce soir, il avoue que le 19 après midi a commencé une grosse galère pour lui, qu'il a vraiment flippé et qu'il a pensé à moi, du genre "si elle savait ce que je vis là tout de suite elle serait vraiment super angoissée".
Eh bien je l'ETAIS!!!!
Bizarre hein?

mardi 10 août 2010

La vie est un cadeau

La vie est un cadeau
Mon deuxième, le jour de ses 21 ans, torse nu, sous une pluie torrentielle en face de ses 24 amis abrités par un auvent clâme cette phrase que j'ai moi même tellement prononcée!
Chaleur au coeur. Sensation qu'une de de mes idées essentielles s'est transmise à la génération suivante...

Oui, la vie est un cadeau. Certains le refusent tout net au nom de je ne sais quel masochisme, ou le mettent de côté, pour l'ouvrir "plus tard"sous pretexte qu'il ne sont pas prêts. Il est vrai que la vie quittent certains cadeaux irremplaçables. Mais elle place aussi sur notre chemin d'autres cadeaux qui ne demandent qu'à s'offrir et qui nous rendent heureux! Chacun d'entre nous est le cadeau de quelqu'un d'autre même si nous n'en avons pas toujours conscience.

En ce qui me concerne j'aime les cadeaux, je développe même une certaine gourmandise, à les regarder, les sentir, toucher l'emballage avant de les ouvrir avec fièvre et curiosité. Alors oui la vie est un cadeau. Si on regarde bien chaque jour, il y a un présent devant notre porte.















Qu'ils sont beaux nos enfants! Et ils s'entendent! Un vrai miracle!




Pour finir ce très beau poème de Colette Nys-Mazure, lu par ma marraine en ce grand jour:

Radieuse

"C'est une fille de haute liesse,
à prendre la vie en proue,
hisser les heures à vive allure,
une femme libre de son essor.
Elle rit vrai à la face du jour
et son haleine a la fraicheur
des pointes d'herbe quand frémit l'aube.
On tenterait de la retenir.
La marge d'une étreinte, d'une page partagée,
d'un morceau de pain rompu.
Elle est déjà plus loin que le tournant de l'été.
On cherche son propre chemin
dans le sillage fulgurant.


"Singulières et plurielles. ED Desclée de Brouwer. Collection litterature ouverte.2002"