dimanche 22 juillet 2012

Bon anniversaire

Il y a 23 ans naissait un bébé blond aux beaux yeux bleus grands ouverts sur le monde. Né aux Etats Unis, ce fils-là a une double nationalité. C'était un bon départ dans cette vie qu'il voulait croquer à fond tout de suite. Dormir? Mais vous n'y pensez pas! Il y a tant à voir, tant à observer, à apprendre!
Cet insatiable est toujours insomniaque aujourd'hui!
Cette faculté lui a permis de mémoriser d'énormes polycopiés de médecine la nuit, ce qui représente un certain avantage sur les autres étudiants qui avaient besoin de dormir!
Je suis fière de lui. Mon fils. Il est beau, il a la classe, il sait écouter, faire preuve d'empathie, de tolérance. Les gens l'aiment instantanément. Sans qu'il joue le rôle du séducteur, c'est une séduction naturelle chez lui. Une grande force dans la vie!

Les enfants lui sourient dans la rue, les grands magasins.
Il sait prendre sur lui. Lorsqu'il souffre, il le montre le moins possible. Il me ressemble en cela, mon fils...
C'est lui que j'appelle au secours. C'est mon premier réflexe. A la mort de Marti c'est lui que je voulais tout de suite à mes côtés. C'est ma béquille, mon soutien. Lorsqu'il est près de moi je me sens instantanément mieux. C'est le fils qui me dit ; "je t'aime" le plus naturellement du monde, avec ce sourire qui me rend toute marshmallow. C'est celui avec qui je ne peux pas me fâcher. Parce qu'il déteste les conflits et sait les désamorcer aussi vite qu'ils apparaissent.
Parce qu'il sait me prendre dans ses bras, sans rien dire, parce qu'il sait pleurer quand la vie est trop triste.
C'est un mental d'acier. Qui a réussi son année avec Brio malgré son accident, qui a tout récupéré de sa motricité au point de refaire de la gym! Le chirurgien lui a dit qu'il était époustouflé de le voir comme ça car il était persuadé qu'il lui resterait des séquelles. Mais ce fils a une volonté inégalable!

Je l'aime du fond de mes tripes.
Bon anniversaire mon fils!
Que la vie te soit douce!


samedi 14 juillet 2012

Petit message de vacances

Je n'ai pas le temps d'écrire, pardon
la vie me tient, la vie me prend et c'est bon
Je vois mes amis, en vacances comme moi,
retrouvailles, on se raconte, séquences émotion
Le temps est merdique mais on s'en fout, le soleil est dans nos coeurs.
Je découvre d'autres amis potentiels parce que la vie toujours en pose délicatement sur nos chemins....

Le fiston est sorti de ce grand hôpital parisien pour rejoindre son père pour un mois. J'attendrai son retour à mes côtés pour fêter dignement sa mention très bien avec félicitations du jury et ses 20 en math, 19 en physique, 19 en svt 17 en eps et 16 en philo pour son bas S
Il aura besoin de temps pour s"habituer tout à fait à son nouveau visage qui comme tout le monde présente encore quelques défauts....

Je vous souhaite plein de bons moments de partage!

vendredi 6 juillet 2012

Un grand hôpital parisien en 2012


C'est la crise!
A l'hôpital aussi...
Le fiston avait oublié sa serviette le premier jour, jour de la douche à la Bétadine. On va vous en apporter me dit l'infirmière. Elle revient 5 min après avec un petit paquet de serviettes en papier dont mon fils a bien du s'accomoder...
Aux Wc, le papier toilette a été acheté au bureau de tabac. C'est du papier à rouler les cigarettes avec la bande collante en moins. J'ai ramené un rouleau de vrai pq ce matin.
Aujourd'hui, je demande de la glace pour faire désenfler mon hamster de fils , on me répond qu'il n'y a pas de poche à glace dans le service et ils m'en bricolent une avec une poche de perfusion remplie de glaçons....
Puis on me dit qu'il ne doit pas ouvrir les dents et on lui sert un plateau repas avec une cuillère. Je vais demander une paille mais on me répond que : oui, il faut qu'il mange avec une paille mais que l'hôpital ne les fournit pas! Devant mon visage tournant au rouge vif, une infirmière propose d'en fabriquer quelques unes avec des tuyaux de perfusion de formats différents....
Le personnel a une vraie formation en bricolages en tout genre! En cas de compression de personnel, ils ne devraient pas avoir de mal à se recycler!
Le médecin interne qui vient suivre les suites opératoires s'exprime en français tellement approximatif (d'origine sans doute indoue) qu'il finit par opter pour l'anglais. Super! Cela nous permet de réviser nos langues!
Moi ce petit séjour à l'hôpital me permet de travailler ma zénitude, domaine où il me reste une grande marge de progression.
Sinon, le fiston va bien. Il ne souffre pas. Il mange, liquide certes, mais il mange. Son moral est bon. Il dit qu'il ressemble enfin à l'image de lui qu'il avait dans sa tête et en ce qui me concerne, j'ai intégré en un instant son nouveau visage sans aucune difficulté. Pour ceux qui me lisent sans connaître le fiston je dois vous expliquer qu'aucune de ses dents du haut ne touchait celles du bas à cause d'un décalage très important de sa mâchoire inférieure vers l'avant (prognathisme de plusieurs cms). Le risque était un déchaussement des dents devenues pour le coup inutiles....C'est une opération thérapeutique et non esthétique dans le service de chirurgie reconstructrice avec le professeur chef de service, virtuose en chirurgie maxillo-faciale dans l'hôpital spécialisé dans les greffes de visage.
Le fiston découvre donc l'hallucinante sensation de serrer les dents du haut contre celles du bas et prend son pied dans ce beau mariage dentaire prometteur!
Puis il prend son portable, se photographie, zoom et remarque qu'il a la gueule de travers....Vers la droite. On en parle au chirurgien collègue, au medecin du service à l'interne. Tous répondent Mais noooonnnn, c'est normal, c'est à cause de l'enflure d'un côté et cela se remettra en place après, pas d'inquiétude. Sauf que lorsque le grand ponte arrive, il regarde et dit cela s'est décalé il faut ré opérer!
Et rebelote. Sauf que là, je ne le sens pas du tout!  Deuxième anesthésie générale, confiance émoussée, impossible de ne pas imaginer une gueule encore plus de travers dans ce travail de visserie minutieux. J'ai envie de casser les dents du chirurgien!
Alors je me défoule un peu sur une petite pétasse blonde d'infirmière parce que malheureusement, elles sont en première ligne, de vraies punching ball entre les médecins et les patients et leurs familles (les pauvres!). 
"Je veux m'entretenir avec l'anésthésiste qui va endormir mon fils"
"Ils sont au bloc, cela m'étonnerait qu'ils se déplacent"
"Moi, ça m'étonnerait que mon fils parte au bloc si je ne vois pas un anésthésiste!"
"c'est vous qui voyez pour votre fils", me lance t elle, des éclairs dans les yeux
"En effet, c'est MOI qui vois " lui répondis-je quelques couteaux propulsés de mes yeux vert, vipère.
Elle part.
J'entends que cela discute ferme dans le couloir. Ils n'ont jamais vu une emmerdeuse pareille!
Quelques minutes après, on me passe l'anésthésiste au téléphone qui m'explique bien le non-risque et me passe le chirurgien collègue du grand professeur qui m'explique qu'une vis mal fixée, rippée a lâché sous l'effet des vomissements et que ce n'est qu'une question de réglage de plaques, soit, j'accepte de laisser partir le fiston pré-médiqué et perfuser en me maudissant de ne pas avoir été fichue de lui fabriquer une machoire normale!
Il revient 4h après, frais comme un gardon, à croire qu'il était allé passer des radios.
J'appelle l'orthodontiste, lui raconte les détails. On se quitte avec un 
"Bon, madame S rappelez moi samedi après la troisième opération!"
Il ne croit pas si bien dire puisque le fils m'envoie un message ce matin en écrivant qu'il trouve son mandibule un peu oblique!
Je craaaaque!

lundi 2 juillet 2012

Petits mots écrits d'une chambre d'hôpital parisien

Ce n'est pas un hôpital c'est une zone géographique en trois dimensions. Une dimension horizontale qui détermine les "départements" (si, si c'est le terme employé) et une verticale qui détermine les services en fonction des couleurs "zone jaune" ou "bleue". Par exemple si vous montez au 5ème étage avec un ascenseur bleu, vous arriverez au service de chirurgie intestinale alors que si vous empruntez l'ascenseur jaune pour atteindre le 5ème, vous tomberez sur le service de chirurgie plastique reconstructrice, les deux cinquièmes étages ne communiquant pas, vous êtes obligés d'attendre 20 min l'ascenseur qui vous redescendra au rez de chaussée bas en passant par rez de chaussée haut, les deux rez de chaussée étant coupés, pour une raison aussi inconnue qu'étrange, par deux entresols: entresol 1, entresol 2. Oui, ici le simple rez de chaussée n'existe pas, l'architecte concepteur avait abusé de substances illicites certainement, possédait une personnalité sans doute complexe !
Église, temple, restaurant, magasins, salle d'exposition artistique, salles de gymnastique, tout y est! Une sorte de club med finalement. La dame qui nous montre la chambre me dit : '
"vous allez profiter d'être à Paris pour faire les soldes?" Ce à quoi je la regarde étonnée: 
"les soldes ! alors que vous offrez des supers vacances ici? Non, j'ai emporté des livres, mon ordi. Je vais me poser dans cette belle chambre claire et spacieuse et méditer au département jaune de chirurgie plastique."
Regard étrange que me lance cette belle blonde....
Sinon à part la découverte de cette belle région qu'est l'hôpital au nom d'un délicieux fromage, je retrouve un Paris vide de voitures. Soit les gens sont déjà partis en vacances, soit les efforts démoniaques entrepris par les politiques pour bouter les autos hors de la capitale ont abouti. Les bornes de "prêts" exhibent maintenant de belles voitures électriques empruntables à côté des vélibs et les parisiens moins fortunés ont des jambes de sportif de triathlon. Du coup, je n'ai pas peur de conduire sur les boulevards désertés. Hier soir, soir de finale européenne de foot, les cafés s'ornaient de drapeaux espagnols et les klaxons allaient bon train sur le boulevard, Ah paris!
 Deux familles chinoises se sont installées dans l'immeuble. Niveau parfums, La cage d'escalier est un mélange de brik au miel, de nems au riz cantonnais et de tourte aux légumes bios. Ma nièce qui m'accueille propose un dîner sushi, super!
Comme tous les soirs les gens ne dînent pas avant 22h,  Ah Paris!
Ce matin j'ai découvert que la serrure avait du être forcée puisque je ne pouvais plus fermer ma voiture à clé. Après 20 minutes de bidouillage au tournevis, j'ai réussi à remettre ma serrure en place et verrouiller de nouveau ma modus. Les supermarchés ouvrent à 9h,  les talons se coincent entre les pavés, mais où sont passés les chiens ? Ah Paris!
Un homme a foncé tête en avant au milieu des piétons en criant que cela ne pouvait plus durer, un enfant d'un an a piqué une crise de nerfs hystérique parce que sa mère lui avait enlevé le téléphone, (que dis je! l'ordinateur/téléphone portable) qu'il tenait dans la main pour répondre à un appel, il n'y avait pas de lait chez Paul, ce qui m'a privée de mon rituel de double crème, une panne de courant du secteur m'a permis de renforcer mon muscle cardiaque en montant les six étages à pied. Ah Paris!
Et puis, il y a le métro! Le métro parisien. Un festival d'odeurs, une foire de costumes, des gens qui ne décollent pas leurs yeux d'un journal ou d'un téléphone, ou marchant, en s'asseyant en tirant sur la chevillette pour que s'ouvrent les portes, ceux qui observent à la dérobée dans cette magnifique non intimité du lieu!
Toute cette énorme énergie dépensée autour de moi par ces gens pressés, faméliques, stressés voire déjà "fous" m'a fatiguée! Ce soir, contre toute attente je risque de sombrer dans un sommeil profond!
La porte de la chambre s'ouvre.
"Vous êtes là? Votre fils est mineur mais nous n'acceptons pas que les parents dorment ici...."
"Ok, ok je pars...."

vendredi 29 juin 2012

La prépa

Ce matin, nous nous sommes levés aux aurores pour rejoindre la ville où mon troisième va découvrir la prépa MPSI où il sera interne l'an prochain.
"Maman, jure moi que tu ne poseras pas de question"
"Mais je ne peux pas te jurer cela c'est le but de la réunion pédagogique de répondre aux interrogations des parents et élèves!"
"Oh non! Tu vas encore te faire remarquer!"
"Tu n'as qu'à pas t'assoir à côté de moi et personne ne fera le lien entre nous"
"Mais tu ne peux pas être une mère normale?"
"Désolée fiston, c'est ton karma d'avoir une mère comme cela, assume le!"
Voilà un résumé du genre de conversation que nous avons eu dans la voiture.
Le lycée est magnifique d'un point de vue esthétique et confort!
Vivre ici me semble instantanément un grand luxe!
"Imprègne toi de la spiritualité de ce lieu fils"
"Tu mfais chier maman!"
etc...
Dans le mode incommunicabilité entre les gens je demande la mère et le troisième fils!
Nous nous retrouvons dans une salle de réunion appelée "grande chapelle" pour la grande prière dite par trois professeurs de mathématique (étrangement séduisants) un professeur de physique qui a l'air d'être au bord du scuicide et une prof de langue motivée et agitée. Entendons donc ensemble ce que les élèves doivent adopter comme attitude durant les grandes vacances.
Oh, trois fois rien:
se reposer et s'amuser en réalisant de petits algorithmes sur sa calculatrice (ne me demandez pas ce que c'est, je n'en ai aucune idée mais compte tenu du petit sourire rassuré de S, je pense que LUI sait de quoi il s'agit ce qui est somme toute, le principal, n'est ce pas?), tout en revoyant dans la joie et la bonne humeur tout le programme mathématique de terminale S en particulier les fonctions complexes, les nombres complexes, les équations différentielles et toutes ces petites choses complexes qui ont rendu l'année si attrayante paraît il....
Le prof d'anglais rajoute que pour vraiment passer de bonnes vacances tout en préparant sa rentrée, il est indispensable de lire "the gardian", the newstimes" ou pour les plus motivés "the economist"et faire un résumé en anglais à sa famille régulièrement de tous les articles d'actualité de cet été (super on ne va pas s'ennuyer!).
La prof de lettres se contentera de préciser qu'il sera indispensable de mettre à profit les jours de pluie pour prendre son pied à lire les ouvrages indispensables du programme et de la bibliographie associée sur le Thème de l’année 2012-2013 : la parole
Verlaine, Romances sans paroles
Marivaux, les Fausses confidences
Platon, Phèdre
Eh bien au cas ou S pensait s'ennuyer durant son hospitalisation, le voilà complètement rassuré!
Je ne peux m'empêcher de remarquer deux trois gars élèves à l'air sympa, deux filles pas trop moches et souriantes et j'attire l'attention du fiston sur ces spécimens humains non dénués d’intérêt mais il semble que cela soit peine perdue... 
En observant de plus près les parents, je me félicite moi-même, en mon for intérieur. Je n'ai pas de grandes oreilles décollées avec des lunettes comme des culs de bouteille, je ne suis pas habillée comme l'as de pique, mon téléphone ne sonne pas en plein milieu de la réunion pédagogique et même si par malheur cela se faisait MOI, je saurai l'éteindre dans la minute, certes je n'ai pas pu m'empêcher de poser des questions mais il ne me semble pas qu'elles étaient idiotes etc.... 
J'espérai un café et des croissants mais bon....Je suis une grande rêveuse!
Les visites des chambres de l'internat me laisse béate d'admiration: insonorisées, modernes, spacieuses, lumineuses, je me demande même si je ne vais pas y envisager une petite retraite certains week ends!
En sortant le fiston est tout sourire!
"Ca c'est fait, je coche, maintenant point suivant : l'opération!" (pourquoi j'ai un frisson dans le dos tout d'un coup?)

Le deuxième fils m'apprend que de son côté, malgré son accident, il n'a aucun module à rattraper à l'oral et qu'il conclue son année avec 13,2 de moyenne générale pour aborder à la rentrée la sixième année de médecine avec sérénité mais que là il est en stage de néphrologie jusqu'à la fin juillet.
Je me dis que mes fistons se débrouilleront pas trop mal dans la vie à priori et que cela me fera passer au moins à moi, de bonnes vacances!

jeudi 28 juin 2012

Paris

Ce matin, je fais ma valise.
Je vais partir à Paris pour une semaine.
Mon troisième va subir une intervention chirurgicale qui me pétrifie d'angoisse.
Cette opération va transformer son visage.
Je devrai m'habituer à ce nouveau fils physique.
J'ai l'impression d'un grand chamboulement intérieur aussi.
Puis Paris....
Y retourner n'est jamais anodin, émotionnellement parlant.
Tous les après midi je serai à l'hôpital.
"Qu'est ce que tu vas faire ? Pourquoi rester tout l'après midi? Tu vas le fatiguer, non? Pourquoi n'en profites tu pas pour faire des choses à Paris?"
Alors, je réponds, ici comme ailleurs, une bonne fois pour toute :
A chaque fois que j'ai été hospitalisée, j'ouvrais les yeux en souhaitant voir quelqu'un de rassurant, posé sur la chaise en face de mon lit. Juste là. Sans mot, ni geste particulier. Maman arrivait comme une tornade, s'activait dans la petite chambre, dans tous les sens, avec des pluies de mots, sans queue ni tête pour parler de tout et de rien, surtout de rien, puis elle repartait aussi vite qu'elle était venue, sans que j'ai eu le loisir de lui voir les fesses sur cette chaise, moi qui en avais tant envie!
Faut dire qu'elle a toujours détesté les hôpitaux.
Faut dire aussi qu'elle a toujours détesté être posée dans un vrai lâcher prise avec l'autre!
Alors moi je vais poser mes fesses sur la chaise qu'il ne manquera pas d'y avoir dans cette chambre et je n'en bougerai pas tant que le père ne sera pas venu me relayer. Comme je l'ai fait pour chacun de mes enfants hospitalisés. Je ne vais à Paris que pour cela.
Vivre un chevet.
J'emporte un ou deux livres, mon ordinateur et puis voilà, je serai là. C'est l'occasion de vivre à fond le moment présent, d'être juste dans la conscience du temps qui s'écoule, dans la présence, le lâcher prise.
Je vais même aller plus loin. J'AIME poser mes fesses sur une chaise au chevet d'une personne que j'aime. Lui accorder mon temps. Je prends mon pied à faire cela, c'est bizarre hein?
C'est d'ailleurs ce que je vais faire cet après midi avec mes deux amies hospitalisées à un étage de différence.

Le soir à Paris, je ne sais pas.
J'aimerai un resto avec un vieil amoureux mais bon, je l'ai perdu de vue et m'étonnerait qu'il lise mon blog....(Enfin, au cas où, fais moi signe!)
Je serai vraisemblablement tous les soirs à l'appart dans lequel j'ai grandi, ma mémoire va faire des bonds émotionnels au bruit de l'ascenseur, du métro, du merle dans la cour et je lutterai contre la nostalgie de mes 15 ans comme à chaque fois...
Voilà
La vie continue de ne pas être un long fleuve tranquille!

mercredi 27 juin 2012

L'épicurienne et l'anorexique

Hier, je suis allée à l'hôpital. Au premier étage cette fois. Même pas eu le temps de monter au deuxième voir Céline. Je vais peut être demander à cet établissement qu'il mette un marquage au sol au parking pour ma voiture, si cela continue.
Je suis allée tenir compagnie à une récente amie. C'est bizarre les affinités qui se créent. Au départ c'est souvent l'un(e) des deux qui provoque les rencontres. L'amitié est rarement un coup de foudre réciproque en ce qui me concerne et ce du plus loin qu'il m'en souvienne...Dans ce cas ci, c'est elle qui a trouvé des occasions de me revoir et de créer du lien. Nous avons deux filles de même âge mais bien sûr, compte tenu que j'ai eu la dernière à un âge avancé, elle est beaucoup plus jeune que moi (presque 20 ans de moins pour être précise!)
Nous avons découvert hier que son frère a fait toute sa scolarité avec mon aîné (dont il se souvient d'ailleurs bien, suite à un échange téléphonique à ce sujet).
 Elle est pâle, a du mal à s'exprimer à cause des calmants qu'on doit lui administrer ici et la perf lui propulse une solution nutritive jaunâtre dans les veines. Elle ne mange plus rien depuis jeudi dernier. C'est une personne sous contrôle d'une manière générale et avec la nourriture en particulier. Elle malmène son corps qu'elle interdit à quiconque de toucher. Je me contente d'être là à l'écouter me parler de ses addictions comme de vieilles potes de toujours. Je lui parle énergie, vie, corps, féminité, amour....
Elle me dit que je suis un modèle de LA femme qu'elle aimerait atteindre.
Je lui dit qu'elle est folle, que je suis LE modèle à ne pas suivre, surtout pas!
C'est un drôle d'échange, un peu surréaliste.
Elle a enfin envie d'aller jusqu'au bout de ses soins.
Elle ira prochainement à Lyon dans un hôpital plus spécialisé pour les cas comme elle.
Elle m'a raccompagnée jusqu'à la sortie de l'hôpital en titubant.
Je retournerai la voir demain.
Belle journée à vous!

mardi 26 juin 2012

Chi

Hier a été une journée de grosse déprime.
Pour commencer, je n'ai pas eu mon petit sms matinal de mon amoureux.
Ensuite mon troisième est rentré de chez un ami qui l'avait reçu pour un après midi et une nuit, la larme à l’œil d'émotion. Il me fit une description détaillée de cette famille idyllique: des parents qui s'aiment depuis la nuit des temps, qui ont fait construire une maison d'architecte où chaque chose est à sa place et où l’énergie peut circuler librement, une famille harmonieuse qui sue de valeurs louables etc etc...
Au volant de mon modus j'essayais de visualiser du bleu et de construire vite fait un bouclier transparent super efficace en me répétant "ne t'identifie pas à tes émotions, observe les, comme si tu flottais au dessus de ton corps. La tristesse et la culpabilité que ces mots font naître en toi, ne les laisse pas t'écrabouiller au sol comme une vieille serpillère pourrie."
Bon. Je ne m'en suis pas trop mal sortie...
Il est vrai que ce fiston a subi le divorce d'avec son père lorsqu'il n'avait que 2 ans, la mort d'un beau père qu'il aimait beaucoup à 12 ans et un autre divorce d'avec un homme qu'il n'aimait pas mais quand même, cela fait beaucoup et je suis responsable de deux de ces évènements sur trois!
Pour continuer dans la série "journée de merde", je me suis arrêtée devant une boîte de photos qui traîne depuis des mois dans la mezzanine et animée d'un masochisme diabolique, je l'ai ouverte pour mettre les yeux dedans. Là, j'avoue que le bouclier invisible et le bleu apaisant n'ont pas suffi. De prendre en pleine tronche tous ces bouts de vie inachevées, tuées dans l’œuf, a fini de me mettre à terre. Je suis allée me coucher.
Au réveil, mes yeux se sont posés sur le livre offert à mon anniversaire par une copine : "l'art de la simplicité" de Dominique Loreau, une française installée au Japon depuis 26 ans. L'art d'harmoniser, faire le tri, jeter ce qui encombre l'espace et l'esprit....
Je me suis attelée à la tache. Puisqu'il était nécessaire de faire le vide dans mon esprit j'allais faire le vide dans mon intérieur. J'ai commencé par ma chambre. Cela m'a pris l'après midi.
Mais qu'est ce que je me sens bien!
Ce matin j'ai entrepris mon entrée et la mezzanine. Tout ce chi stagnant va déguerpir vite fait de chez moi, je vous le dis!
Ce matin la balance indiquait 500g en moins.
Whaou! Peut-être que de dégraisser ma maison va me faire dégraisser moi-même, qui sait!

vendredi 22 juin 2012

Petit dialogue du moment

"T'es stressé là?"
"Non"
"Mais ce n'est pas NORMAL que tu ne soies pas stressé! Tu as tes crayons de couleur, ta calculatrice, une petite bouteille d'eau, une montre? Tiens je t'ai acheté quelques petits gateaux "
"Maman arrête!"
"Tu sais qu'un peu de stress  provoque une petite quantité d'adrénaline dans le sang, ce qui est bénéfique pour une épreuve"
"Mais maman, ce n'est pas une épreuve, C'est JUSTE le bac!"
...................................
Ce fils est un extra terrestre!

jeudi 21 juin 2012

Dans tous les sens

Mais non, je ne vais pas dans tous les sens!
C'est vrai que j'avais dit que je ferai des expo canines (pas moi personnellement hein!) et qu'entre temps j'ai eu d'autres occupations, c'est vrai que j'avais dit que je prendrai des cours de psycho en fac puis qu'entre temps j'ai eu quelques restrictions budgétaires qui m'obligent à faire des choix, c'est vrai que je vais m'inscrire au greta pour améliorer mon espagnol bon si cela n'est pas une priorité alors je mange mon dernier chapeau acheté, c'est vrai que je me mets à la cartomancie mais bon ce n'est pas non plus un bouleversement de vie, quant à mon désir récent de peindre bon, ce n'est pas la première fois que je l'ai et c'est dans l'énergie créatrice du moment comme reprendre l'écriture voilà....
Quoi?
mouais....Il est en effet possible que je me disperse un peu......Pff

dimanche 17 juin 2012

que c'est bon!

Cet après midi, nous sommes allés rejouer en famille.
Les deux fils, ma fille et moi, chariots en avant,
le cœur au bord du vertige de plaisir
nous sommes allés taper dans la balle avec nos clubs respectifs
Quel pied!
J'ai même fait le par sur chacun des trois trous pour finir....
Pourquoi avions nous arrêté d'y aller?
Le golf est en nous!
Que c'est bon de partager un sport ensemble,
au soleil,
dans du vert
ce soir nous en avons plein les pattes
Mais heureux!

vendredi 8 juin 2012

prendre 10 kg pour maigrir

Aujourd'hui paraît que c'est la journée de l'obésité....
En passant chercher un truc dans une de ces grandes surfaces que j'affectionne
je rencontre Mme B représentant je ne sais plus quelle marque de truc
"Tiens, Hélianthine, cela me fait plaisir de te revoir"*
"Oui bonjour T cela fait un moment que je ne t'ai pas vue ici..."
"Oui c'est parce que j'ai subi deux opérations"
"Ah? rien de grave j'espère?"
"Je me suis fait opérer d'un oignon au pied, (hallus valgus) mais l'opération a raté, regarde, c'est pire qu'avant et cela me fait un mal de chien...."
"En effet, qui est ce qui t'a ratée comme ça? "
"Docteur X de la clinique de Dracy le fort, je vais me faire ré opérer par quelqu'un d'autre"
"Et ton autre opération?"
"Je me suis fait mettre un anneau à Dijon"
Je la regarde mieux, parce que l'affaire ne m'avait pas sauté aux yeux....Faut dire qu'elle ne me paraissait pas vraiment obèse avant....
"Oui, en effet, tu as maigri!"
"J'ai eu du mal tu sais, il a fallu que je prenne plus de 10kg! Je me suis gavée pendant des mois, plaquettes de chocolat sur plaquettes de chocolat, mais qu'est ce que tu veux, pour devenir définitivement mince, je n'avais pas le choix! "
J'essaie de trouver une logique à ses mots sans y parvenir.
...........J'avoue que je ne comprends pas!
"Ben oui, j'étais pas assez grosse pour que cela soit pris en charge par la sécu alors j'ai bouffé comme 4 pendant des mois, j'ai réussi à atteindre 93 kg et là c'était bon, je pouvais me faire poser un anneau...."
Grand sourire victorieux aux lèvres.
Je marque un temps de silence pour lui montrer combien je suis admirative de son sacrifice. C'est vrai c'est pas facile de prendre 10kg comme ça!
Est ce que pour perdre mes 4 kg récalcitrants, la soluce ne serait elle pas d'en prendre 30, finalement??? A réfléchir....L'idée de m'enfiler des magnums vanille, meringues, mashmallows et nutella sans limite est assez séduisante....

Moi j'vous raconte ça, histoire de dire que le trou de la sécu, il est pas prêt de s'arranger....
Puis, une question me taraude...
Moi, je souhaite me faire ligaturer les trompes. Est ce que c'est pris en charge par la sécu? Si je fais encore deux trois gosses est ce que cela le sera? Dans l'attente de vos réponses, je vous souhaite une belle journée de l'obésité!

mardi 5 juin 2012

Cécile

A la cousine que je ne connais pas,
Mais que j'aime parce que c'est ma cousine
et qu'en tant de doyenne de toutes,
je porte naturellement une affection particulière à chacune de mes cousines
Et puis Cécile c'est ma petite cousine compliquée dans sa tête
alors je l'aime peut-être encore plus,
solidarité entre cousines qui se demandent pourquoi elles ont été parachutées dans cette famille
où elles se sentent si "extra-terrestres"
alors je l'aime
sans qu'elle le sache....
avec nos 10 ans d'écart je n'ai pas tout compris
juste qu'elle souffrait
qu'elle ne voulait pas toujours rester dans cette vie-là
J'ai eu la version de sa mère,
de sa soeur, de son frère
et de tous les membres de la famille bien pensante,
jamais la sienne finalement...
Elle n'a pas connu nos grands week end et vacances entre cousins,
nos jeux sado-masos
nos découvertes de la vie ensemble, de la mort, des premières cigarettes piquées à sa mère partagées à grands renfort de toux,, les premiers mots posés sur la sexualité, l'espionnage en règle des adultes avec les prières communes de ne jamais grandir pour ne jamais leur ressembler....(trop tard!)
j'ai pris parti pour elle plus d'une fois
sans qu'elle le sache....
mais surtout une grosse fois
où j'aurai voulu tout casser 
où j'ai tout cassé d'une certaine façon
sans qu'elle le sache....
mais j'ai une grande gueule
et lorsqu'il faut dire les choses même quand elles font mal, je les dis!
Que lui dirai-je aujourd'hui à ma cousine Cécile?
Que la vie est belle sans doute
qu'elle peut exister juste pour elle-même et pour personne d'autre
que je SAIS ce que l'on peut ressentir comme solitude émotionnelle
qu'elle est réellement très douée dans le domaine de la création, peinture, sculpture
et qu'il FAUT continuer de s'épanouir dans ce domaine
car ce qu'elle créera fera du BIEN aux gens,
que le bonheur se construit en secret, à l’intérieur de nous
à n'importe quel âge,
Qu'on a le droit d'être différentes
qu'on les emmerde, ceux qui veulent nous enfermer dans des règles qui ne nous conviennent pas!
Voilà Cilou je te dis tout ça puisque grace à ton commentaire sur mon précédent post, je me rends compte que tu viens me lire ici pour faire connaissance avec cette grande cousine mythique ;-)
Alors j'en profite!
Merci de venir, merci de m'avoir permis de t'écrire tout ça!



lundi 4 juin 2012

Marre des cartes!

"Vous avez votre carte de fidélité?"
"Pardon?"
"Votre carte de fidélité!" me lance de façon agressive la caissière de ce magasin que je déteste, même que je suis en train de me demander pour la dixième fois POURQUOI je m'obstine à y retourner....Il faut que je calme ma parano, cette dame ne va sans doute pas sortir une bombe lacrymo pour m'en balancer une belle giclée dans les yeux...Mais bon, mieux vaut ne pas lui répondre que je suis de nature plutôt infidèle d'une manière générale et vis à vis de ce magasin en particulier.
"je ne l'ai pas"
"Vous la voulez?"
Non mais elle insiste cette bougresse! Restons polie:
"non merci"
"bon comme vous voulez, hein? "
Ben oui tiens, c'est encore moi qui choisis pétasse, me retins-je d'éructer!
Après cette petite immersion en centre commercial, je file en ville chercher le 100% révision bac que le fiston en terminale m'a demandé d'acheter en toute urgence, mais à 15j du bac est ce bien nécessaire d'investir une vingtaine d'euros dans ce genre de manuel, finalement, me demandai- je dubitative...
"...Carte smiles?"
La caissière me regarde comme une gardienne de prison considère le condamné à mort. C'est vrai que j'aurai bien besoin d'un coup de pouce pour lui décocher un sourire à celle là!
"Carte smiles? " Nan je ne l'ai pas" (puis j'ai pas envie de sourire quand je vois ta tronche pensais je en mon for intérieur)
Mais qu est on devenu avec nos cartes bleue, gold, verte, pass.....?
Moi j'ai envie de brandir la carte joker à chaque demande!
 Écartons toutes ces cartes de nos vies !
Pis tout ça c'est la faute à René!
Descartes il avait du mal avec la notion d'âme, Sa tendance à considérer l'homme comme une machine ne nous a t elle pas conduit à nous transformer en un géant code barre pour lecteur de carte?
Lutte, quand tu nous tiens....

mercredi 23 mai 2012

Celine

J'y suis retournée.
Avec le cœur coupable d'avoir laissé filer tant de temps depuis ma dernière visite.
Elle ouvre les yeux mais ne veut pas me regarder....
Je lui caresse le visage et lui parle d'amour, de la vie, du besoin qu'ont ses enfants qu'elle soit là,
Elle charge son regard d'une immense détresse. Je me dis que le lit va s'enfoncer dans le sol sous le poids d'une telle émotion!
Je lui parle de l'égoïsme des hommes, et de nous en particulier, qui sommes heureux de pouvoir encore sentir la chaleur de sa peau et de se noyer dans le bleu de ses yeux.
J'entends ce qu'elle me dit en silence. Ou plutôt non, à grand renfort de sons de gorge.
Elle me dit par la pensée (mode 100% interprétation) sa révolte, son ras le bol, sa souffrance, sa colère, son envie de mourir.
L'infirmière arrive. Se penche pour plonger son regard dans celui fuyant de Céline et je vois alors la haine s’éjecter du bleu acier. Céline est devenue un puits émotionnel alternant dégoût, peur, tristesse, colère et très rarement joie. Cette dernière émotion par exemple lorsqu'une infirmière ouvre la porte de la chambre et dit, "ah, il y a quelqu'un! Je me demandais pourquoi la porte était fermée". J'ai bien vu le rapide sourire de mon amie lorsque j'ai répondu tout bas, "ben oui c'est pas Céline qui s'est levée pour la fermer cette porte hein?"
Sans compter que même si les miracles existaient, avec ce que les médecins lui ont enlevé de chair des pieds à cause des énormes escarres infectées qu'elle avait développé, elle ne serait pas prête de se faire porter par ces appendices-là!
La seule fois où elle m'a regardée c'est lorsque je lui ai lu les dernières pages du cahier des visites qu'il va falloir d'ailleurs bientôt remplacer parce qu'on arrive au bout...
A la dérobée, elle m'a regardée. Lorsque j'ai levé les yeux vite fait des lignes, j'ai subrepticement croisé son regard, et malgré la fugacité de l'instant j'ai bien vu que c'était un regard doux et admiratif, celui qu'elle posait déjà sur moi "avant" . mais elle a vite détourné les yeux.
Que c'est DUR de ne pas pouvoir l'aider davantage!!!!
Je ressors vidée d'énergie pas fière de moi, avec presque honte de reprendre une vie si "normale".

lundi 21 mai 2012

Date anniversaire

Il pleut.
L'eau s'insinue entre le col de mon imper et mon cou.
Je reste impassible, la tête légèrement en avant pour protéger mes yeux.
Mes yeux qui regardent la tombe.
Bien propre, bien fleurie, où chaque chose est à sa place. Du coup qui me ressemble si peu!
Je me fais la réflexion qu'elle était plus brouillon, plus anarchique du temps qu'on y allait souvent ses amis, Clara et moi. Je laissais les traces de passage des uns et des autres en vrac. Je ne sais pas faire de belles choses bien propres, bien rangées.
Je me dis que 5 ans sont déjà passés.
Je sens le poids de ces cinq années à l'absence de douleur dans mon plexus.
La tristesse resurgit parfois au détour, d'une photo, d'un souvenir évoqué, d'un manque éprouvé.
Mais la douleur, celle qui tord les boyaux avec des hauts le coeur, celle qui terrasse la volonté de se mouvoir, qui empêche de respirer, elle n'est plus.
En ce moment il fait froid.
Il pleut.
Alors la mémoire corporelle se tait.
Cette mémoire-là s'est exprimée toutes les autres années précédentes. Elle est terrible parce que fulgurante et incontrôlable. Lorsque les conditions extérieures sont réunies. Les roses, la chaleur, le soleil, les chants d'oiseaux, la légère brise du matin. Lorsque tous les éléments du tableau sont là, à l'époque anniversaire fatidique, les cellules se souviennent et elles envoient toutes en même temps des messages d'alerte. On se sent oppressée avec le sentiment d'un danger imminent . Puis seulement alors le cerveau analyse la situation, la mémoire revient...Oui c'était un jour exactement comme celui-là lorsqu'il est mort....Malgré tout, les cellules continuent de ré évoquer la souffrance éprouvée ce jour-là et c'est infernal!
Mais cette année, les cellules sont restées en paix car elles n'ont pas reconnu les conditions extérieures.
Voilà.
Je me dis tout cela et d'autres choses.
La pluie ruisselant sur mes épaules.

dimanche 19 février 2012

Pause

Pause blog.
Beaucoup d'énergie dépensée par ailleurs.
Plus l'envie de poser des mots.
Pire encore, plus envie de lire des mots....
Pause des mots.
Action.
Des gestes sans recul
Automate dépourvue d'émotion
par peur du goufre
Pause relationnelle.
C'est si fatigant parfois les relations...
Impression d'être à côté...
Envie de partir,
rejoindre le mouvement des indignés
Construire un monde nouveau
Action
Croire encore en un idéal humain
Pas envie de voter
Pas assez d'idée nouvelle porteuse d'espoir
Je sens trop de gens qui soufrent
Le sentiment d'impuissance générale me donne envie de me coucher.
Mais action
individuelle ici et maintenant
parce que je n'ai pas d'autre choix.
Un jour je le ferai
Je partirai rejoindre le mouvement
Pour le moment je les suis dans l'ombre
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_des_Indign%C3%A9s
http://fr-fr.facebook.com/pages/Les-Indign%C3%A9s-De-France/188894887829335

mardi 7 février 2012

Elle

Elle c'est l'amoureuse de mon fils C.
Parce qu'elle existe, je peux dormir la nuit, malgré l'accident (même si les cauchemars sont au rv)
Parce qu'il l'aime, je sais qu'il luttera encore plus
Parce que quoi qu'il récupère ou ne récupère pas, elle ne changera pas son regard sur lui (lorsque maman a voulu aider C à éplucher sa clémentine, elle a dit  :  non, il va y arriver et il y est arrivé!)
Parce qu'elle a écrit sur plein de gobelets en plastique qu'elle a posé sur sa table de chevet, l'heure de prise et le nom du médicament à prendre à cette heure là, je sais qu'il les prendra (il est rentré chez lui)
Parce qu'elle vit loin mais qu'elle a couvert les meubles et murs de post it drôles et doux c'est un peu comme si elle était près de lui tout le temps,
Parce que l'amour comme ça, ça me met du baume au cœur,
j'ai bien de la chance !

lundi 6 février 2012

météo du matin

Le temps est incertain madame Lebrun
Oui, la météo se trompe si souvent!
On nous annonce du soleil, un beau ciel bleu
Et puis des nuages arrivent d'on ne sait où
gris menaçant.
On se demande s'il va même pleuvoir
Va savoir madame Lenoir

Alors le brouillard dès le petit matin madame sorin
persiste, s'épaissit même
On ne voit plus la route
et on se met à avancer sacrément prudemment Madame Normand.

On cherche une autre route plus dégagée
le brouillard n'est jamais partout
Suffit de chercher le soleil, madame vermeille!

jeudi 2 février 2012

La nuit la plus longue de ma vie

J'étais en train de servir les assiettes lorsque le nom de mon neveu (le fils de ma meilleure amie et ex-belle soeur donc cousin de mon fils C)) s'affiche sur mon tel portable. "Je t'appelle pour te prévenir que C est tombé en sandwich en faisant une figure de gym. Les pompiers vont l'emmener à l'hôpital.Je vais les suivre et je te tiens au courant."
"Il a mal?; qu'est ce qu'il s'est fait?"
"C'est sans doute une fracture du bras gauche, on ne sait pas."
Je finis de servir les assiettes en me demandant intérieurement qu'est ce que signifiait ce mot de "sandwich, tombé en sandwich", si j'allais prendre ma voiture pour les retrouver à l'hôpital ou pas....
Je me réponds à moi même que oui, je vais le faire et je pars après avoir prévenu le neveu par sms
Aux abords de Dijon mon tel sonne c'est encore le cousin. Je m'arrête.
"H, c'est moi t'es sur la route? "
"Oui"
"Ils t'attendent avant de l'opérer. C'est une fracture de la sixième cervicale avec double luxation C5/C6 C6/C7, ils l'opèrent en urgence mais ils t'attendent"
J'essaye d'intégrer les mots terrifiants qui viennent d'être prononcés.....Je raccroche et je me mets à crier dans ma voiture. De toutes mes  forces, de toute ma colère je hurle ;" nooooooonnnnnn je ne veuuuuuuuuux paaaaas" puis une série de jurons que je préfère ne pas répéter.
De son côté, parce que nous en avons parlé depuis, mon fiston sent que malgré toute sa volonté et sa concentration il ne peut pas du tout bouger son bras ou sa main gauche, pire qu'il ne ressent plus aucune sensation provenant de cette zone-là. Avec l'intense douleur qu'il ressent à la nuque, et le fait qu'il soit en 5ème année de médecine avec un désir d'être neurologue, il SAIT que sa moelle est touchée et essaye de se faire à l'idée qu'il sera sans doute paralysé du bras gauche.
Moi, à partir de ce moment là, au volant, je ne sais plus rien. J'ai l'impression d'être dans une autre ville, un autre pays, une autre planète. Je ne reconnais plus rien. Je fais des ronds. Pendant une heure je tourne dans la ville complètement perdue, hurlant des "non, putain, merde" à perdre haleine.
Puis l'hôpital m'appelle. Ils m'attendent. c'est urgent.
Je puise une force surnaturelle quelque part en moi et j'arrive alors à l'hôpital. Mon neveu m'attends sur le parking, économie de mots, course dans les couloirs des urgences, une porte s'ouvre et je LE vois:
Livide, droit comme un i, branché de partout, je m'approche, la femme médecin me demande de ne pas le toucher, de ne pas m'appuyer sur le lit. Je l'embrasse quand même, un baiser comme une petite feuille toute légère, et je lui dis "je t'aime" dans l'oreille puis "ça va bien se passer". En relevant la tête, je remarque que la médecin a les yeux mouillés, que l'infirmier aussi, je soupèse la gravité des visages qui nous entourent et instantanément je RESSENS la gravité de son état!
Je demande au médecin ce qu'on va lui faire, elle se dérobe, j'insiste, elle prend son talky walky et passe une consigne au bloc pour que le neuro chirurgien me voie.
Je réalise qu'ici beaucoup de gens connaissent mon fils qui y a fait des gardes.On me dit qu'on l'apprécie, que c'est un étudiant brillant et sympathique.
Et on m'invite à l'accompagner au bloc.
L'anesthésiste me pose des questions : a t il déjà été opéré, souffre t il d'allergie? Je comprends que le fiston est tellement shooté de morphine qu'il n'a pas pu répondre lui-même aux questions.
Tout d'un coup, je pense à sa carte de groupe sanguin. Il a une anomalie dans sa formule sanguine. On ne peut pas le transfuser. Je me penche pour demander à C s'il a sa carte de groupe sanguin. Il murmure non. L'anesthésiste est contrarié. Le chirurgien qui arrive le rassure "normalement il n'y a pas besoin de transfusion". Je note les cheveux gris du spécialiste du bistouri et cela me rassure. Cyril ouvre un œil et demande au neurochirurgien ce qu'il va lui faire.
Ce monsieur se lance dans une explication extrêmement détaillée de ses lésions et de ce qu'il va tenter. Les yeux de C s'agrandissent comme des soucoupes. Il me dira plus tard qu'il s'était vu tétraplégique et envisageait différentes euthanasies possibles.
Moi je me suis discrètement éloignée des explications pour poser le bout de mes fesses sur une table que j'avais repérée, histoire de ne pas tomber comme un vieux tas de chiffon sur le carrelage devant le bloc, cela aurait fait désordre!
Lorsque j'ai compris qu'ils l'emmenaient, je me suis rapprochée pour essayer de poser quelques mots rassurants qui viendrait atténuer comme un baume l'effet terrifiant des mots précédents, puis les portes se sont refermées, scellant notre destin.
 Ensuite je me suis autorisée à craquer. Puis comme cela faisait une heure que je me retenais ce fut un assez gros craquage.....
On nous a mis dans une petite salle de consultation.
On nous a apporté du café toutes les heures, proposé des sandwichs, de la soupe....
Puis c'est l'attente.
Je n'admets pas l'idée qu'il lui arrive quelque chose. C'est juste INSUPPORTABLE.
Je vais régulièrement aux toilettes. Mes entrailles se vident. Mon énergie aussi.
Je pense en boucle aux différents mots possibles que va prononcer la personne qui va rentrer dans la pièce après l'opération pour nous en donner le résultat. Je me prépare mentalement à intégrer tous les possibles, je me prépare au pire, je me prépare à être forte.....Encore......Je me demande jusqu'où on peut être forte? Quelle successions d'épreuves, un être humain est il capable d'encaisser en restant debout et ne trouve pas de réponse....
A 3h du matin l'interne vient nous dire que l'opération a réussi, qu'il bouge les deux bras et les jambes. Instantanément la chappe de plomb radioactive brûlante qui rendait l'air de la pièce tellement dense qu'on y était écrasé, s'est envolée. Le sourire est revenu sur les visages.
Nous avons encore attendu 4H du mat pour le voir en salle de réveil. Le cousin s'est approché de C qui a esquissé un sourire et a murmuré quelque chose. Nous avons approché nos oreilles pour entendre et le "vieux saumon" échappé des lèvres du fiston nous a tout à fait rassuré. Il n'avait pas perdu son sens de l'humour!
Je suis restée à son chevet pour le reste de la nuit.
Le lendemain il s'est levé, pour aller se doucher. Ce miracle était si BON
Néanmoins, il n' a pas retrouvé toute la motricité de sa main droite. Pour le moment il ne peut pas écrire par exemple, acte qu'il a vérifié assez rapidement dans sa volonté de pouvoir continuer ses études....
Affaire à suivre, un pied devant l'autre pour chaque étape à traverser!