vendredi 15 juillet 2011

Quand la faucheuse fauche ceux qu'elle devrait pas, merde!

Voilà.
Elle a encore frappé un jeune de 21 ans. Ce fameux soir de tempête ou ici, les mobiliers de jardin volaient contre les volets, heureusement fermés....
Il rentrait chez lui. Oh il était presque arrivé!
Il devait reprendre le boulot le lendemain.
Il est resté dans le fossé, la tête de travers...A cause des tonneaux.... A cause de la ceinture détachée aussi sans doute....
Il était seul dans sa voiture.
Ce qui fait qu'on manque de détail.
Ce jeune, ça fait des années que je le connais.
C'est un ami de mon fils. Celui qui a le même âge.
Celui à qui c'aurait pu arriver.
Jérémy, c'est son nom.
Il venait parfois à la maison.
mais il partageait surtout un grand nombre de soirées festives extérieures avec mon fils.
Alors forcément le fiston est revenu de vacances.
Alors forcément le fiston c'est un zombi.
Il oublie de manger, de dormir....
Il pleure toute la journée.
Il pleure sur l'injustice de cette satanée vie.
Cette mort lui en rappelle surement une autre.
Toutes les douleurs se ressemblent, se rejoignent, se réactivent l'une, l'autre.
Du coup, pour moi aussi c'est dur, forcément....

Les jeunes se regroupent.
Ils restent collés les uns aux autres toute la journée, comme pour dresser un mur de leurs corps serrés. Un mur contre la souffrance. Un mur contre l'injustice. Contre l'indicible.
Ils postent des tas d'émotions sur facebook avec plein de photos de leur ami disparu.
Du coup même les jeunes qui ne connaissaient pas Jérémy, se mettent à le connaître et à le pleurer aussi. Ils sont plus "exposés" nos jeunes. La douleur se répand comme une traînée de poudre.
Les parents reçoivent de témoignages de soutien d'une foule de jeunes, dont ils ne soupçonnaient même pas l'existence!
Remarque ça, ça doit être réconfortant. Sentir l'empathie des gens, c'est ce dont j'avais le plus besoin, moi lors de mon deuil à moi.
Les parents de Jérémy aussi semble t il puisqu'ils ont fait passer le message qu'ils avaient besoin de voir les amis de Jérémy chez eux.
Alors ils y vont.
Collés en un essaim solidaire.

La cérémonie et l'enterrement c'est demain. Je déteste ça mais j'irai. Parce que je me souviens que j'avais eu besoin de sentir une grande foule pour le dernier au revoir à mon mari parti.
Même si je ne me souviens pas de grand chose, même si c'est un truc qu'on m' a peut être dit par la suite : "tu sais l'église était pleine à craquer! il y avait plein de gens dehors et tout ça dans un silence...Surréaliste" Oui c'est le genre de paroles dont je me souviens. Avec l'idée qu'elles engrainaient dans mon cerveau : "tout le monde l'aimait et ils étaient tous venus lui dire adieu et nous soutenir..."

Alors j'irai.
Puis je me ferai abeille pour me coller un peu à l'essaim de jeunes...Comme ça, ça sera moins dur!

2 commentaires:

Françoise a dit…

Tant que l'on n'est pas concerné, tant que l'on n'a pas perdu quelqu'un de proche, on ne se rend pas compte combien la présence, les mots, le fait d'être entouré(e), sont importants dans ces moments-là. Il ne faut surtout pas hésiter à se manifester. C'est ce que j'ai dit à beaucoup de monde lorsque j'ai perdu mon frère, et que mon petit-fils a failli partir lui aussi du même accident...
Douces pensées pour ce jeune qui est parti trop tôt.
Et toutes mes amitiés à toi, Hélianthine.

Helianthine a dit…

Merci Françoise de tes passages, je suis heureuse de te lire à nouveau.