jeudi 28 août 2008

Le bonheur

Je me sens bien. En forme physiquement et psychologiquement. Je m'en étonne plusieurs fois par jour. Dans mon jardin, une ronce arrachée à la main lorsqu'un élan de satisfaction m'anime: tiens? je suis bien. Dans mon lit, un livre à la main, un magnum à la vanille de l'autre, tiens? je suis bien. Devant la télé, les trois enfants entremélés à mes côtés, tiens? je suis bien. La sensation de bonheur absolue fut atteinte hier matin en décachettant une enveloppe de mon collège contenant la convocation de pré-rentrée. Sur la mienne il y avait précisé en en-tête, au flu vert: "pour info". L'idée de ne m'occuper que de la rentrée des enfants sans être obsédée par la mienne me transporte sur une énorme vague de joie!

Peut-être que la conscience aïgue du bonheur ne peut avoir lieu que si elle a été précédée par la conscience aïgue du malheur. On profite davantage de ce qu'on sait pouvoir perdre. Sans aller chercher un exemple trop douloureux, je peux dire que depuis mon opération du pied qui m'a immobilisée deux mois, il ne se passe pas un seul jour sans que je ne pense à la chance que j'ai d'être debout sur mes deux pattes, mue par la capacité à marcher.

"T'as rencontré quelqu'un?" me demandent les copines.
"Vous m'ennervez les filles, pourquoi pensez-vous de façon si obsessionnelle que pour être heureuses il faut forcément un mâle à nos côtés? Lorsque je regarde les couples qui m'entourent, "vos" couples, soit dit en passant, franchement je ne vois pas le bonheur conjugal transpirer par tous les pores de votre peau! (Exception faite de vous: Jé et Mumu, Raph et Christine,bien sûr!)

Je lutte contre l'idée qu'on ne peut atteindre le bonheur seule. Je ne nie pas qu'il m'arrive de fantasmer sur un homme qui serait intelligent, indépendant, avec de l'humour, une pointe d'imprévisibilité, pour qui mon désir serait inépuisable et qui bien sûr ne serait pas déjà "pris" mais en attendant de le rencontrer, s'il existe, le rêver me suffit.

Oui je sais, certaines vont me lancer, perfides, "Euh...Tu t'es quand même inscrite sur ....ce site de rencontres que je ne nommerai pas..." Et là, oui, je dois reconnaître que je ne suis pas très à l'aise avec cette inscription. Songez un peu que j'ai PAYE pour ce supermarché à mecs! Honte à la lutteuse!

Alors, bien sûr je peux dire qu'à nos âges c'est difficile d'élargir son cercle d'amis et que ce genre de site est un moyen comme un autre d'y arriver, que les soirées sont longues lorsque les enfants sont couchés et que badiner avec des inconnus est un bon moyen de les pimenter, que ce réservoir de mâles est utile et d'une simplicité extrème lorsque des besoins primaires réclament d'être asouvis, mais bien sûr au delà de ce bla bla il y a forcément l'espoir de rencontrer une espèce de perle rare.

Je ne suis pas pressée. L'instant, comme il se présente, me convient. Je peux être heureuse sans la perle. J'aime bien la citation de Bernard Grasset: "Le bonheur ne se cherche pas: on le rencontre. Il n'est que de savoir le reconnaître et de pouvoir l'accueillir."

En fait, je lutte contre l'idée d'attendre quoi que ce soit. Le bonheur est là, dans le moindre petit évènement de nos vies. Je jouis de ce que je suis consciente d'avoir, qui est si précieuse et qui peut s'arrêter d'un coup:
je jouis de la vie et j'aimerai vous en éclabousser.....

4 commentaires:

noèse cogite a dit…

Quel beau billet.
J'ai été célibataire 5 années..le bonheur de partager de brefs moments ,,de n'importe quoi..fut très dur. Mais quand le bonheur d'être deux arrive..ON est prêt! Et on le savoure..malgré les hauts et les bas...
Si nos maisons étaient ds la même ville ou pas loin..j'irais bien prendre bien une petite tisane et vs dire bonjour. :)

HelLutte a dit…

j'adorerai prendre un thé avec toi Noèse! elle est où ta ville? Au canada? J'arrive!

noèse cogite a dit…

Montréal..ma maison est grande..bienvenue!

julie70 a dit…

"Je lutte contre l'idée qu'on ne peut atteindre le bonheur seule. Je ne nie pas qu'il m'arrive de fantasmer sur un homme qui serait intelligent, indépendant, avec de l'humour, une pointe d'imprévisibilité, pour qui mon désir serait inépuisable et qui bien sûr ne serait pas déjà "pris" mais en attendant de le rencontrer, s'il existe, le rêver me suffit."

Tu exprime ici, ce que je ressens. Qui sait, un jour... peut-être... pourquoi ne pas l'espérer encore?

En attendant, je peux être heureuse, en contemplant de ma fenêtre une levée de soleil, lisant un livre bon dans mon lit, trouvant un mot de toi et découvrant ton blog et tes lignes et des sentiments des fois tellement analogues aux miens, photographiant timidement les mains liés d'un couple pas si jeune dans le métro ou seulement l'apercevant dans la rue d'autres, le sourire de mes petits enfants "Mamieeeee!" ou même des fois, en me faisant de temps en temps, encore un petit dej au lit à moi même.

Une soleil frappant sur les branches de sapin, ou même seulement les cyclamens qui pour une fois durent dans ma cuisine.

Que des sources de bonheur!

D'accord, tous ne durent pas, mais ne sont pour cela moins fortes.